axolotl_régénérer_membre_recherche_2018

Les humains devraient envier l’axolotl (photo ci-dessus). Nos pouvoirs de régénération sont limités: les os brisés se cicatrisent, les plaies guérissent et de grandes parties du foie peuvent se régénérer, mais c’est à peu près tout. Mais l’axolotl – une grande salamandre aussi appelée le poisson marcheur mexicain parce qu’elle ressemble à une anguille de 20 centimètres avec des pattes trapues – peut remplacer tout un membre manquant ou même sa queue, ce qui signifie que sa moelle épinière, sa colonne vertébrale et ses muscles repoussent également.

Une trentaine d’équipes de recherche étudient comment ces salamandres arrivent à faire cet exploit cicatriciel. Dans l’axolotl, ils ont découvert divers tissus qui travaillent ensemble pour détecter la perte d’un membre et coordonner sa repousse. Dans ce processus, les animaux réactivent les mêmes circuits génétiques qui ont guidé la formation de ces structures au cours du développement embryonnaire, ce qui oblige les cellules souches généralistes à se spécialiser.

Les axolotls sont seulement l’un des plusieurs régénérateurs dans le règne animal. Les vers plats appelés planaires sont encore plus performants; ils sont capables de régénérer 90% de leur corps. Un petit fragment de ces vers aquatiques de deux centimètres de long peut rajeunir le cerveau, la peau, l’intestin et tous les autres organes fonctionnels.

Encore une fois, les cellules souches sont essentielles, et un ensemble spécial de gènes actifs dans les muscles indique à ces cellules souches ce qu’elles doivent faire, en activant les gènes de croissance et de spécialisation dans les bonnes cellules et au bon moment. Ainsi, le planaire peut se reconstruire presque à partir de zéro, alors que l’axolotl ne peut reconstruire que si l’axe du corps principal est intact.

« Cette année, les chercheurs ont franchi une autre étape en vue de détailler les molécules sous-jacentes à la régénération en séquençant les génomes de ces deux espèces. L’ultime espoir c’est qu’un jour, nous serons en mesure de régénérer les tissus humains blessés pour qu’ils effectuent les mêmes réparations. », nous explique Elizabeth Pennisi.

[via Science]