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Alors qui va gagner ? Les smartphones ou les appareils photo numériques ? Pas si vite ! Google et Apple adoptent des approches différentes, et chacun a ses avantages et ses inconvénients, mais il existe également des pratiques et des thèmes qui se chevauchent et c’est avant que nous commencions à discuter de la vidéo, où la vidéo HEVC 4K / 60p de l’iPhone qui se rapproche de la qualité professionnelle, tandis que la stabilisation de Google peut vous donner envie de jeter votre système de stabilisation – qui est souvent très onéreux lorsqu’on vise à produire une vidéo de qualité professionnelle.

La photographie computationnelle

Les smartphones doivent faire face au fait que leurs caméras, et donc leurs capteurs sont minuscules, et puisque nous savons tous (généralement) que c’est la quantité de lumière captée qui détermine la qualité de l’image, les smartphones ont un sérieux inconvénient: ils ne captent pas assez de lumière. Mais c’est là que la photographie computationnelle entre en jeu. En combinant l’apprentissage automatique, la vision par ordinateur et l’infographie avec les processus optiques traditionnels. La photographie computationnelle vise à améliorer ce qui est irréalisable avec les méthodes traditionnelles.

L’une des caractéristiques déterminantes de la photographie faite par les smartphones est l’idée que vous pouvez obtenir une bonne image avec un seul bouton, et rien de plus. Aucune décision d’exposition, aucun tapotement sur l’écran pour définir votre exposition, aucune compensation d’exposition et aucun post-traitement. Jetez un coup d’œil à ce que le Google Pixel 2 XL a produit avec sa large plage dynamique :

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Les iPhones d’Apple essaient d’obtenir des résultats similaires en combinant plusieurs expositions si la scène a suffisamment de contraste pour le justifier. Mais les iPhones ne peuvent pas encore atteindre ces résultats car ils ne font pas autant d’échantillonnage que le Google Pixel 2. Parfois, les expositions longues d’Apple peuvent brouiller les sujets, et ils ont tendance à surexposer et brûler les hautes lumières pour exposer le sujet correctement.

Le Pixel 2 a réussi à obtenir l’image ci-dessus en déterminant d’abord l’exposition correcte au plan focal nécessaire pour ne pas brûler de grandes zones brillantes (non spéculaires), une approche connue sous le nom de ETTR ou «exposer à la droite». Lorsque vous appuyez sur le bouton de l’obturateur, le Pixel 2 capture 9 images, les aligne et les calcule pour vous donner une image finale d’une qualité similaire à celle d’un capteur 9 fois plus grand.

Comment fait-il cela ? Il garde en permanence les 9 dernières images qu’il a prises en mémoire, de sorte que lorsque vous appuyez sur le déclencheur, il peut les utiliser, les casser en de nombreux «carreaux» carrés, les aligner, puis en faire une photo parfaitement exposée. Casser chaque image en petites mosaïques permet un alignement parfait malgré le mouvement du photographe ou du sujet en ignorant les éléments en mouvement et les éléments flous du cliché, ou en réalignant les sujets qui se sont déplacés d’une image à l’autre. La moyenne simule les effets de la prise de vue avec un capteur plus grand par un « bruit de sortie » réduit à son maximum.

C’est ce qui permet au Pixel 2 de capturer une scène avec une plage dynamique aussi étendue. En exposant pour les zones lumineuses, tout en réduisant le bruit dans les éléments statiques de la scène par un « moyennage d’image », sans brouiller les éléments mobiles de la scène en prenant des décisions intelligentes. Bien sûr, les éléments en mouvement ont plus de bruit puisqu’ils ne peuvent pas avoir autant d’images qui leur sont dédiées pour faire la moyenne, mais dans l’ensemble, voyez-vous autre chose qu’une image agréable ?

L’avenir est prometteur

Ce n’est que le début. Les approches computationnelles qu’Apple, Google, Samsung et bien d’autres utilisent, révolutionneront ce que nous pouvons attendre des appareils que nous avons dans nos poches, des appareils que nous avons toujours sur nous.

Vont-ils défier les lois de la physique et remplacer les appareils photo traditionnels demain ? Pas encore, mais pour plusieurs scènes et de nombreuses personnes, ils vont offrir des avantages qui valent bien quelques inconvénients. Dans certains cas, ils offrent plus que ce que nous attendons des appareils photo traditionnels, qui devront continuer à innover – en profitant peut-être des techniques de calcul que les smartphones et autres appareils de calcul novateurs utilisent.

Mais comme nous l’ont montré des techniques telles que HDR Plus et le Mode Portrait, ainsi que le Portrait Lighting, nous ne pouvons pas seulement regarder les technologies du passé pour prédire ce qui va arriver. La photographie computationnelle fera des choses que vous n’avez jamais imaginées et c’est incroyablement excitant.

crédit photo : Konstantin Dyadyun

[via DPReview]