hyperloop_2018

Nous savons tous que Musk a eu une idée pour relier des villes entre elles, et faire en sorte que le temps du voyage se fasse très rapidement. Musk a nommée cette idée Hyperloop, qui est une sorte de tunnel où des wagons voyagent à des vitesses de plus de 1 102 km/h. Ceux qui s’intéressent à ce projet seront heureux de savoir que le projet de Muks avance à grands pas, mais il y a encore quelques problèmes à résoudre. Voici un résumé de toute cette histoire.

La concurrence est féroce

Il y a une poignée d’entreprises qui sont en concurrence pour être les premières à construire un hyperloop entièrement opérationnel. La plus intéressante est Virgin Hyperloop One. Sa plus grande réalisation a été d’utiliser une partie des 300 millions de dollars qu’elle a collectés pour construire DevLoop, un environnement de test de 500 mètres de long, situé dans le désert du Nevada. DevLoop est le terrain de prédilection pour la technologie « maglev-and-pump » de l’entreprise ainsi que pour la conception de ses « pods » (nacelles).

Parce que DevLoop n’a qu’un tube de 500 mètres, l’entreprise ne peut faire fonctionner la nacelle qu’à grande vitesse pendant quelques secondes avant que le freinage ne se déclenche. Malgré cela, la nacelle XP-1 a atteint des vitesses allant jusqu’à 385 km/h, ce qui augure bien pour l’avenir de cette technologie. Hyperloop One avait initialement prévu d’étendre le tube beaucoup plus loin, mais ce plan semble avoir été mis en attente. Au lieu de cela, l’entreprise construira des tubes à essai plus longs qui feront éventuellement partie de la première ligne.

Aux États-Unis, l’entreprise cherche à relier les principales régions métropolitaines du nord-est comme Chicago; Columbus, Ohio; et Pittsburgh. Dans le nord-ouest, une route entre Cheyenne (Wyoming), Denver et Pueblo (Colorado) est également à l’étude. Au centre, une route qui relierait Kansas City, Missouri, à St. Louis via Columbia est en cours d’examen tandis que plus au sud, l’emplacement au Texas, qui se compose de Dallas, Laredo, Austin et Houston, est également à l’étude.

Il est probable, cependant, que le premier hyperloop du monde sera construit en dehors des États-Unis – probablement en Inde. Plus tôt cette année, Virgin Hyperloop One a signé un accord avec l’État de Maharashtra pour examiner si un lien entre Pune et Mumbai était réalisable. Contrairement à beaucoup d’autres, cependant, cet accord comprend également un engagement à construire au moins une partie d’une piste d’essai le long de cette route. Cela signifie qu’il pourrait y avoir un hyperloop opérationnel bien avant 2021.

De plus, Virgin Hyperloop One a fait équipe avec la Road and Transport Authority de Dubaï pour mettre de l’avant le concept d’une nacelle pour des passagers. Le design n’est pas forcément définitif avec pour l’instant seulement 19 personnes par pod. Cinq seront assis dans une section première classe tandis que 14 autres seront assis dans la classe affaire – bien qu’étant donné que la plupart des voyages devraient se faire en 20 minutes, les différents niveaux de confort ne sont pas très importants.

Une autre entreprise

L’autre grand nom est Hyperloop Transportation Technologies, une entreprise qui utilise le travail de bénévoles. Les scientifiques, les ingénieurs, les économistes et le personnel administratif travaillent pour l’entreprise en échange d’options d’achat, donc si HTT devenait un succès, ses employés seraient récompensés indirectement.

En février, la société a signé un accord avec des responsables du nord de l’Ohio et de l’Illinois pour trouver des moyens de relier Cleveland et Chicago. Cette étude, sous le nom de Great Lakes Hyperloop, sera terminée d’ici la fin de 2018, et à partir de là, l’entreprise pourra construire réellement un Hyperloop opérationnel. HTT a également concentré ses efforts sur des routes en Corée du Sud, en Indonésie et en République tchèque.

Au-delà de diverses enquêtes et propositions, Hyperloop Transportation Technologies a franchi plusieurs autres étapes, par exemple au début de l’année 2017, Toulouse en France a remis à la société 3 000 mètres carrés d’espace dans un nouveau parc d’innovation construit à partir de l’ancien aéroport de Francazal. Il semble que HTT n’aura pas, au moins dans un premier temps, à payer pour le privilège d’utiliser cet espace, bien que les détails de l’accord ne soient pas rendus publics.

Et en mars 2017, la société a annoncé qu’elle construisait sa première capsule destinée aux passagers, qui devrait être terminée au début de 2018. La construction proprement dite est assurée par Carbures SA, une entreprise qui construit des structures pour l’industrie aérospatiale. La nacelle aurait 30 mètres de long et 2,7 mètres de diamètre, pesant 20 tonnes et pouvant transporter jusqu’à 40 passagers. La compagnie nous explique que le pod aura une vitesse maximale de 1220 km/h – la limite supérieure théorique pour le transit hyperloop.

Inductrack

Sa nacelle utiliserait Inductrack, un système de lévitation initialement développé par le gouvernement américain. Inductrack est une forme de répulsion passive qui a été conçue par le Lawrence Livermore National Laboratory comme un moyen de rendre les systèmes maglev moins chers. Le principe est assez simple : Un objet qui est chargé magnétiquement peut repousser d’autres pièces de métal. Donc, plutôt que des électro-aimants super-refroidis, énergivores le long de la piste, la technologie Inductrack réside uniquement dans la nacelle. Si vous êtes curieux de savoir comment cela fonctionne, regardez cette vidéo de Hendo Hoverboard, qui utilise le même principe :

Pour revenir à HTT, il y a l’utilisation de la main-d’œuvre bénévole non rémunérée, qui soulève des questions sur le fonctionnement de l’entreprise. HTT semble être un peu une entreprise amateur. Par exemple, à la fin de 2016, la société a révélé qu’elle avait recueilli plus de 100 millions de dollars, sauf que ce n’était pas techniquement vrai. Au lieu de cela, HTT avait injecté 31,8 millions de dollars en liquidités.

De ce chiffre, 26 millions de dollars étaient des «heures de travail et des services» tandis que les droits fonciers comptaient pour 22 millions de dollars de plus. Encore une fois, c’est une grande réussite de convaincre les gens, et les gouvernements, d’apporter une contribution de cette valeur à une petite entreprise qui avance dans une toute nouvelle industrie. Mais aussi, il y a cette légère odeur d’hypocrisie qui persiste dans toutes ces procédures.

Puis il y avait la nouvelle que le composite de fibre de carbone qui devait couvrir les pods de HTT s’appellerait Vibranium – le même nom que le métal de terre rare Wakandan utilisé par Black Panther et Captain America dans les bandes dessinées de Marvel. Maintenant, HTT a réussi à enregistrer la marque aux États-Unis, à la fois en tant que Vibranium et Vibranium Skin. Mais nous imaginons que, si jamais cela devait être utilisé comme un argument de vente, les avocats bien nantis de Disney auront quelque chose à dire à ce sujet, car c’est un métal imaginaire !

Musk ne devait pas participer directement

L’implication de Musk dans hyperloop n’a jamais été censée être plus que de pousser l’idée dans le monde et de prendre du recul. Il était, selon ses propres mots, trop occupé avec SpaceX et Tesla pour s’impliquer dans le concept. Cependant, la position de Musk a commencé à changer l’année dernière, quand il a tweeté qu’il avait demandé la permission de construire un lien entre Washington, D.C., et New York City. Le milliardaire n’a jamais précisé qui serait responsable de la construction du projet, bien qu’on puisse supposer que ce serait Hyperloop One. Après tout, l’entreprise a été fondée par son ami et occupée par d’anciens employés de SpaceX. De plus, elle a  quelques années d’avance sur les autres entreprises.

Mais il semble que le travail sera effectivement entrepris par la troisième entreprise de Musk – The Boring Company. Qui est spécialisée dans la construction de tunnels. Musk a fondé cette entreprise avec l’intention de réinventer les routes, estimant que les voitures devaient circuler dans des tunnels pour éviter la congestion routière. Il a inventé le nom de «boucle» pour décrire un scénario dans lequel les véhicules sont assis sur des wagons à lévitation magnétique et sont transportés à travers les zones métropolitaines. Les wagons voyageraient à environ 249 km/h, et viseraient à éliminer la congestion dans les villes comme à Los Angeles où Musk habite.

Quant à l’hyperloop de Musk, l’entreprise travaille maintenant avec les fonctionnaires fédéraux pour construire une route de D.C. à Baltimore qui pourrait ensuite être étendue à New York. En résumé toute cette histoire est loin d’être résolue. Mais si tout se passe comme prévu, l’Hyperloop devrait être opérationnel d’ici 5 à 6 ans, ou un peu avant si toutes ces entreprises susnommées sont sérieuses, ce qui ne semble semble pas être le cas pour certaines d’entre elles.

[via Engagdet]