mit_médicaments_2018

Le testage des médicaments est une affaire délicate, mais c’est une étape essentielle pour mettre sur le marché des molécules plus sûres. Les médicaments pharmaceutiques sont conçus dans un but précis – traiter une maladie. Mais ils viennent souvent avec une flopée d’effets secondaires et le testage permet d’identifier ces effets secondaires.

Toutefois presque tous ces effets secondaires sont indésirables, mais plusieurs d’entre eux valent le risque, tant qu’ils traitent la maladie. D’autres, cependant, peuvent avoir de graves conséquences.

Un nouveau système

Maintenant, une nouvelle technologie appelée; système « microphysiologique » – ou «corps sur une puce» – permet d’identifier les problèmes potentiels plus rapidement. Développé par des ingénieurs de l’Institut de Technologie du Massachusetts (MIT), l’appareil est constitué d’un milieu « microfluide » qui relie des tissus fabriqués à partir de 10 organes différents, lui permettant d’imiter les mécanismes du corps humain pendant des semaines.

MIT-Organs-Chip-02La puce du MIT

Avec ce système, qui a été détaillé dans un article publié la semaine dernière dans la revue Scientific Reports, les chercheurs espèrent révéler comment les médicaments conçus pour traiter un organe spécifique pourraient avoir un effet sur d’autres organes du corps.

« Certains de ces effets sont très difficiles à prédire à partir de modèles animaux car les situations qui les mènent sont idiosyncratiques », a déclaré Linda Griffith, professeur en génie biologique et mécanique, et l’un des principaux auteurs de l’étude. « Avec notre puce, vous pouvez distribuer un médicament et ensuite rechercher les effets sur d’autres tissus, et mesurer comment il est métabolisé. »

Les animaux

Une fois que les chercheurs ont mis au point un médicament pharmaceutique, ils le testent à travers une série d’essais précliniques sur des animaux destinés à démontrer l’innocuité et l’efficacité du médicament. Cependant, Griffith souligne que les humains ne sont pas exactement comme les autres animaux. Bien sûr, nous partageons une biologie similaire avec les animaux de laboratoire, mais la relation n’est pas toujours identique pour plusieurs organes

« Les animaux ne représentent pas les personnes sous toutes les facettes dont vous avez besoin pour développer des médicaments et comprendre la maladie », a-t-elle expliqué. « Cela devient de plus en plus évident lorsque nous nous testons plusieurs sortes de médicaments. »

Pour contourner cet obstacle sans passer par des tests sur des sujets humains, les chercheurs ont mis au point des «organes sur des puces», qui sont des répliques miniatures d’organes composés de tissus artificiels.

Bien que la base de cette technologie ne soit pas nouvelle, Griffith et ses collègues sont les premiers à intégrer autant de types de tissus sur une seule puce, ce qui leur permet de manipuler les échantillons.

Interaction complexe

Les types de tissus d’organes qui s’adaptent sur la puce comprennent le foie, les poumons, l’intestin, l’endomètre, le cerveau, le coeur, le pancréas, le rein, la peau et le muscle squelettique, chacun contenant entre 1 million et 2 millions de cellules.

Bien que ce système soit prometteur, il ne sera pas utilisé à son plein potentiel de sitôt. Pour l’instant, Griffith et son équipe utilisent leur puce sur des études plus restreintes, y compris quelques organes comme le cerveau, le foie et le tissu gastro-intestinal ou pour modéliser la maladie de Parkinson.

Source : MIT