effets_cannabis_2018

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 147 millions de personnes, soit 2,5% de la population mondiale, consommeraient du cannabis, ce qui en fait la substance illicite la plus cultivée, la plus souvent exploitée et la plus utilisée au monde. Son utilisation est élevée chez les adolescents. À titre d’exemple, parmi les adolescents interrogés aux États-Unis, environ 7% des élèves de 8e année, 15% des élèves de 10e année et 21% des élèves de 12e année, ont déclaré avoir consommé du cannabis au cours des derniers mois.

Des pays envisagent la légalisation du cannabis

Plusieurs pays, dont le Canada, la Suisse et les États-Unis envisagent ou libéralisent les lois régissant l’usage du cannabis. Au niveau fédéral des États-Unis, les produits du cannabis sont classés dans l’annexe 1, c’est-à-dire, aucun usage médical actuellement accepté et un potentiel élevé d’abus. Cependant, plus de 20 États ont décriminalisé la marijuana d’un point de vue médicale ou sont en train d’examiner une loi autorisant des produits à faible dose de delta-9 tétrahydrocannabinol (THC), pour des utilisations médicales bien spécifiques. Le Colorado, Washington, l’Oregon et l’Alaska ont permis la vente au détail et la possession de marijuana récréative.

Des impacts parfois nocifs

L’impact sur la santé publique de la décriminalisation ou de la légalisation de l’usage récréatif de cannabis comprend le détournement du cannabis par les utilisateurs enregistrés, et peut également encourager la violence chez les adolescents.

Dans d’autres pays où le cannabis peut être utilisé légalement, les taux d’utilisation varient. Par exemple, aux Pays-Bas, la prévalence annuelle globale de la consommation de cannabis est de 23% chez les jeunes adultes contre 5% chez les personnes âgées de 12 à 64 ans en Uruguay. Ainsi, l’impact de la décriminalisation ou de la légalisation sur la prévalence subséquente de l’usage du cannabis, n’est pas facile à prédire et varie en fonction des spécificités de la mise en œuvre de la réglementation.

Toutefois, l’apport récréatif de cannabis pour obtenir des effets psychoactifs peut souvent entraîner des effets indésirables, car il n’y a pas de démarcation claire entre les doses produisant les symptômes désirés par un utilisateur de marijuana et les effets nocifs.

Chez les adolescents et les adultes, des doses inhalées de 2 à 3 mg de delta-9 tétrahydrocannabinol et des doses ingérées de 5 à 20 mg de THC altèrent l’attention, la concentration et la mémoire à court terme. Des effets indésirables plus graves peuvent survenir à des doses dépassant 7,5 mg / m2 de THC, y compris des nausées, de l’hypotension orthostatique, du délire, des crises de panique, de l’anxiété et des secousses myocloniques. La psychose a également été associée à l’utilisation des produits de la marijuana plus puissants et plus concentrés.

La toxicité chez les enfants est le plus souvent signalée après l’ingestion d’un produit alimentaire fortement concentré, ou d’une résine de haschisch. Des doses orales estimées de 5 à 300 mg en pédiatrie ont provoqué une série de symptômes tels qu’une somnolence légère, une ataxie, des changements de comportement, une activité motrice excessive, de l’hyperkinésie, un coma et une dépression respiratoire.

Chez les enfants

Par exemple, dans une petite cohorte de 38 enfants se présentant à l’urgence pour intoxication aiguë à la marijuana après ingestion, le degré de symptômes correspondait à une dose estimée de 3,2 mg / kg de THC, a entraîné une observation et une intervention médicale minimale, à une dose de 7,2 mg/ kg de THC, a conduit à l’admission dans un étage d’hospitalisation et à une intervention médicale modérée, et 13 mg / kg de THC ont conduit à l’admission dans une unité de soins intensifs et à des interventions médicales majeures.

Les patients sans exposition antérieure au THC, présentaient plus souvent une léthargie ou une somnolence et présentaient une plus longue durée de symptômes cliniques. De même, comme la résine de haschisch concentrée est devenue plus disponible en France, une augmentation correspondante du nombre et de la gravité des admissions annuelles est survenue chez les nourrissons et les jeunes enfants.

Sommaire et recommandations

Chez les jeunes enfants, l’ingestion de cannabis (marijuana) peut provoquer un coma potentiellement mortel avec apnée. Des attaques de panique ont également été rapportées. Parmi les autres manifestations qui suivent une exposition pédiatrique limitée, il y a entre autres, des changements de comportement, la léthargie, la tachycardie, l’hypertension ou l’hypotension orthostatique ainsi qu’une déficience psychomotrice chez les personnes âgées.

Au final, nous suggérons que les patients qui consomment du cannabis (marijuana), que ce soit involontairement ou à des fins récréatives, ne subissent pas de décontamination gastro-intestinale en cas de réactions indésirables. L’activité musculaire excessive (hyperkinésie) doit être traitée avec des benzodiazépines. Mais quel que soit l’âge, l’intoxication aiguë au cannabis est une urgence clinique.

Mais le problème avec cette conclusion, est qu’il est difficile de contrôler l’usage du cannabis, car si cette substance devient facilement accessible, personne ne pourra parfaitement contrôler son utilisation, que ce soit chez les jeunes enfants ou les personnes âgées.

source : UpToDate