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Les problèmes d’itinérance sont en croissance dans plusieurs pays sur la planète. Les architectes du monde entier commencent à envisager le logement différemment. Surnommés «terres verticales», les promoteurs utilisent essentiellement des échafaudages et l’impression en trois dimensions pour construire des abris aux SDF, sur les côtés sans fenêtres des bâtiments existants. C’est une étape controversée et drastique pour s’attaquer aux problèmes des sans-abri, qui frappent certaines des villes les plus peuplées du monde.

Le projet «Homed»

L’un des plus récents projets s’appelle «Homed» (photo ci-dessus) et a déjà été conçu et modélisé par Framlab, une entreprise basée à New York et à Oslo. Ce projet, s’il est adopté par la ville de New York, emploierait des abris de forme hexagonale avec un extérieur en acier et en aluminium et un intérieur composé de polycarbonate imprimé en 3D enveloppé dans du bois. Chaque nacelle individuelle serait ensuite empilée dans des grappes de type nid d’abeilles, soutenues par un type d’échafaudage auquel les New Yorkais sont habitués depuis des décennies.

«C’est une réponse à une foule de facteurs que les espaces d’hébergement habituels sont incapables de fournir, dont beaucoup sont cruciaux pour la qualité de vie des SDF, comme l’intimité, la sécurité, l’individualité et l’estime de soi.», écrit un membre de Framlab.

Une idée d’Andreas Tjeldflaat

Ce concept est l’idée de l’architecte norvégien Andreas Tjeldflaat, basé à New York, qui a commencé à enquêter sur cette idée après une conversation avec un sans-abri dans le métro, sur les conditions dans les refuges et le choix de vivre dans la rue. « L’idée d’utiliser l’espace vertical m’a frappé alors que je marchais dans les bas-fonds de Manhattan un après-midi, réfléchissant à la façon dont la terre verticale inactive autour de moi pourrait être utilisée », a déclaré Tjeldflaat. « Sachant que la terre est l’un des principaux facteurs de coût lors de la construction à New York, j’ai pensé qu’il serait intéressant de défier ce que la terre pourrait offrir. »

Le but était de donner aux occupants une vue de l’extérieur, tout en protégeant leur intimité à l’intérieur. Quand quelqu’un entre ou sort d’un pod, il peut verrouiller sa porte. Tjeldflaat a conçu la face avant de la nacelle à partir d’un assemblage de verre avec une couche de diodes à film mince. Les particules translucides assurent l’intimité de l’extérieur, tandis que les modules extérieurs peuvent transmettre du contenu numérique, qu’il s’agisse d’œuvres d’art public, d’information civile ou de contenu commercial, ce qui pourrait potentiellement compenser les coûts de ces abris.

Alors que Framlab évalue déjà un coût potentiel par unité d’environ 10 000 $ et recherche des partenaires, l’entreprise reconnaît que son concept n’est qu’un petit pas vers un objectif plus grand. « Homed est une solution temporaire pour remédier à la situation des SDF », a déclaré Tjeldflaat. « Là encore, l’offre traditionnelle d’abris est aussi une solution provisoire, et elle est accompagnée d’une série de défis. Comme de grands groupes de personnes doivent souvent partager des espaces habitables, la vie privée peut être une denrée rare afin de maintenir leur dignité. Le point de départ le plus important de ce projet par rapport aux offres actuelles est le fait qu’il s’agit d’espaces individuels.  »

Un demi-million de SDF

Aux États-Unis, l’itinérance est un défi majeur. Le ministère américain du logement et du développement urbain a dévoilé qu’il y aurait 554 000 sans-abri à travers le pays, dont près de 200 000 sans accès à des abris nocturnes. Mais les facteurs locaux peuvent également entrer en jeu dans les grandes municipalités.

La ville de New York, étant semblable à beaucoup d’autres villes autour du globe, a été affectée par sa propre croissance. Ses malheurs ont inclus un fossé croissant d’abordabilité des logements et une baisse régulière de l’aide pour les SDF.

D’autres concepteurs ont également compris le potentiel de l’espace vertical. À San Francisco, où vivent plus de 8 000 sans-abri, des chercheurs et concepteurs ont adopté une solution verticale, venant de la firme de logement Panoramic Interests, et surnommée «Micropad», un abri préfabriqué empilable, facile à fabriquer et polyvalent. En 2015, l’architecte britannique James Furzer de Spatial Design Architects a proposé un projet semblable appelé «Homes for the Homeless». La conception impliquait des nacelles en matériaux similaires aux bâtiments hôtes, offrant un confort et en se fondant dans l’esthétique du quartier.

Des abris en béton

Un concept similaire à celui de « Homed » est apparu à Hong Kong plus tôt cette année lorsque l’entreprise James Law Cybertecture a dévoilé un prototype de micro-maisons empilables produits à faible coût, logées dans des tuyaux en béton, et conçues pour s’insérer dans les espaces entre les bâtiments de la ville. Ces unités, appelées OPod Tube Housing, utilisent de larges conduites d’eau en béton transformées en habitations, avec des portes qui peuvent être déverrouillées par des appareils mobiles. Bien que n’étant pas spécialement conçu pour les SDF, le fondateur de cette entreprise, James Law, pense que la conception séduirait les jeunes résidents qui ne peuvent pas se permettre un logement privé.

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Qu’il s’agisse de minuscules maisons, de nacelles empilables ou d’une solution qui n’a pas encore vu le jour, les experts semblent s’accorder sur le fait qu’une part importante de toutes ces solutions demeure de donner des logements aux sans-abri.

[via Digital Trends]