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Ce n’est un secret pour personne que Twitter est largement peuplé par des robots; des programmes automatisés qui agissent souvent sous le couvert de l’anonymat en se faisant passer pour des humains, mais de nouvelles études du Pew Research Center permet de quantifier leur activité.

Un grand nombre de robots

Selon cette étude, les bots représentent les deux tiers des tweets qui pointent vers des sites internet populaires, et ont tendance à partager du contenu pour adultes, des sports et des nouvelles. Ce rapport arrive après plusieurs mois de révélations sur le rôle joué par les bots dans la diffusion de fausses nouvelles sur les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter.

En novembre, Twitter a mis à jour sa politique sur les bots afin de les limiter au partage d’informations utiles et à l’exécution de campagnes créatives. Tous les robots ne sont pas intrinsèquement mauvais; les assistants intelligents comme Siri et Alexa ont connu un grand succès, en ayant un accès intime à notre vie quotidienne, aidant beaucoup d’entre nous à gérer le chaos du 21ème siècle.

Sur les réseaux sociaux, certains bots envoient des alertes à la suite de catastrophes naturelles, tandis que d’autres aident les groupes et les marques à rester en contact avec leurs fans et d’autres produits. Par exemple Elon Musk est un grand utilisateur de Twitter; il partage ainsi ses idées et ses réflexions avec plus de 20 millions d’abonnés.

De robots spammeurs

Mais de nombreux robots sont créés spécifiquement pour spammer, troller et tromper les lecteurs avec des informations sensationnelles et falsifiées. Dans leur étude, les chercheurs ont pris un échantillon aléatoire de 1,2 million de tweets, pendant un mois et demi à l’été 2017. Leur but était de découvrir combien de ces liens étaient partagés par les robots, et quels sujets les bots partageaient sur ce réseau.

En utilisant un programme informatique pour suivre chaque tweet jusqu’à sa destination, ils ont enregistré ces sites internet dans une base de données et sélectionné les quelque 3 000 sites les plus courants. Ils ont ensuite compté le nombre de ces tweets dérivés des bots, un processus qui consistait à classer plus d’un million de tweets et à déterminer quels comptes étaient automatisés; ce que de nombreux comptes de robots ne confessent pas ouvertement.

Analyser des milliers de comptes

Pour faciliter leur travail, les chercheurs ont utilisé Botometer, un algorithme d’apprentissage automatique qui utilise plus de mille bits d’information d’un compte donné pour décider si le compte est un bot. Botometer prend en considération des facteurs tels que le contenu, le compte qui suit, et depuis combien de temps le compte existe. Plutôt que de donner un score de oui ou de non, le programme offre un score entre zéro et un, que les chercheurs utilisent ensuite pour décider eux-mêmes si un compte est un bot ou non.

À la fin, les chercheurs ont déterminé que 66% des liens vers des sites internet populaires provenaient de robots. En divisant ces liens par sujet, ils ont déterminé que 90 pour cent des liens étaient du contenu pour adultes, 76 pour cent des liens étaient destinés aux sportifs, et 66 pour cent étaient des liens de nouvelles venant en réalité des robots.

Bien que ces résultats puissent sembler intriguants, l’équipe du Pew Research Center note qu’ils n’ont pas encore répondu à certaines questions clés. Par exemple, ils ne savent pas à quel point l’information partagée est véridique, ni comment les humains ont interagi avec ce contenu. De toute façon, le rapport soutient l’idée que, si vous cliquez sur un lien, il provient probablement d’un bot, ce qui malheureusement, peut fausser votre prochaine activité si vous vous fiez uniquement à Twitter.

[via Pew Research Center]