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Malgré la sensibilisation du public à l’importance du recyclage de plastique, notre planète fait face au même problème; le plastique est un polluant dans plusieurs pays et même dans l’océan. À l’heure actuelle, il y a des millions de tonnes de bouteilles en plastique de polyéthylène téréphtalate (PET) non recyclées. Laissés à eux-mêmes, qui persisteront pendant des centaines d’années avant de se décomposer. Ce polluant est particulièrement dangereux pour la vie sous-marine.

Une enzyme mutante 

Des chercheurs de l’Université de Portsmouth, de l’Université de South Florida et du National Renewable Energy Laboratory (NREL) du US Department of Energy ont mis au point une enzyme permettant d’accélérer considérablement ce processus en digérant toutes les sortes de plastiques.

Leur enzyme appelée « PETase » a été isolée d’une bactérie trouvée dans une usine de recyclage japonaise en 2016. Suite à cette découverte, l’équipe en charge du projet a entrepris d’explorer les propriétés de cette enzyme, ce qui a produit une version mutante qui surpasse ses propriétés naturelles; elle réduit le temps nécessaire pour décomposer le plastique, de plusieurs années à quelques jours.

À l’heure actuelle, la version mutée de PETase est environ 20% plus efficace que l’enzyme naturelle, mais elle pourrait être améliorée dans le futur. Pour examiner exactement le fonctionnement de l’enzyme, l’équipe a utilisé des rayons X pour générer un modèle à ultra-haute résolution de l’enzyme au niveau moléculaire.

Pour de grandes masses de plastiques

« Nous sommes actuellement dans les premiers stades de l’optimisation de l’efficacité de cette enzyme, cependant, nos efforts sont très encourageants », a déclaré H. Lee Woodcock, professeur au département de chimie de l’Université de Floride du Sud. « Nous avons pu clairement démontrer que l’enzyme PETase est à la fois un mécanisme viable pour la biodégradation du plastique, et qu’elle est susceptible d’être utilisée pour de grandes masses de ce polluant lorsqu’elle sera améliorée. Nous avons déjà mis en place des plans pour poursuivre ce travail et envisager une amélioration de la capacité à recycler les plastiques dans un proche avenir. »

Une utilisation au niveau industriel

Woodcock a déclaré qu’il n’y a pas de plans immédiats pour commercialiser cette technologie, bien que d’autres recherches se poursuivent. « Nous aurons un accès complet aux installations de NREL qui faciliteront le développement d’une application pilote », a poursuivi M. Woodcock. « Nous allons ensuite travailler avec des partenaires industriels pour éventuellement leur vendre cette enzyme. » L’équipe a récemment publié un article sur leur découverte dans The Journal Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

source : PNAS