super_bactéries_2018

Les antibiotiques dans les déchets agricoles et pharmaceutiques contribuent à transformer les bactéries du sol et de l’eau en super-bactéries résistantes aux médicaments – et certains d’entre elles mangent même des antibiotiques. Comme si ce n’était pas assez, certains insectes mangent eux aussi les antibiotiques; les rendant plus résistants aux insecticides que nous utilisons couramment. Une équipe internationale de scientifiques a maintenant examiné comment les bactéries désarment et consomment les antibiotiques, découvrant de nouveaux moyens de se défendre contre elles.

Comment les bactéries deviennent-elles résistantes ?

Les bactéries développent une résistance aux antibiotiques à un rythme alarmant, grâce à une sur-prescription et une sur-utilisation. Si rien n’est fait, plusieurs rapports suggèrent que d’ici 2050, les super-bactéries, pourraient être responsables de 10 millions de décès par an, marquant le début d’un nouvel âge sombre de la médecine où nos médicaments ne fonctionneraient tout simplement plus.

Mais la guerre ne se fait pas seulement à l’intérieur de nos corps: elle se fait également dans l’eau et le sol, grâce aux déchets des fermes et des usines pharmaceutiques. Cette nouvelle étude s’est concentrée sur les bactéries qui vivent dans ces environnements, et qui deviennent rapidement résistantes grâce à une exposition constante aux médicaments et à leur capacité naturelle à partager du matériel génétique.

Quatre espèces de bactéries

L’équipe a étudié de près quatre espèces de bactéries vivant dans le sol, et qui prospèrent en ne mangeant que de la pénicilline. Tout d’abord, les insectes utilisent une enzyme connue sous le nom de ß-lactamase pour désactiver la toxine, une stratégie couramment utilisée par les bactéries résistantes aux antibiotiques. Ensuite, ils utilisent des enzymes spéciales, qui viennent d’être découvertes dans cette étude, pour décomposer le médicament en morceaux qu’ils peuvent manger.

Les chercheurs ont également observé les gènes au cours de ce processus. En particulier, trois ensembles différents de gènes sont devenus actifs alors que les bactéries mangeaient de la pénicilline, mais sont restés silencieux lorsqu’elles étaient en train de manger du sucre.

Armés de ces connaissances, les chercheurs affirment qu’il serait possible de créer une bactérie appelée  E. coli, qui mangerait de la pénicilline, pour nettoyer des déversements d’antibiotiques environnementaux. Cela pourrait à son tour ralentir la rapidité avec laquelle les bactéries développent une résistance.

Ce processus doit être amélioré

Mais avant qu’une équipe de nettoyage bactérienne ne devienne une option viable, les chercheurs affirment que ce processus doit être accéléré. Actuellement, il faut trop de temps pour que les bactéries détruisent les antibiotiques, de sorte qu’elles ne réduisent pas les médicaments contenus dans les déchets industriels et agricoles suffisamment rapidement.

«Vous ne pouvez pas simplement arroser un champ avec ces bactéries du sol et vous attendre à ce qu’elles nettoient le tout en quelques jours», explique Dantas. « Mais maintenant que nous savons comment elles font, il est beaucoup plus facile d’améliorer quelque chose que vous savez déjà que d’essayer de concevoir un système à partir du début. »

Cette recherche a été publiée dans la revue Nature Chemical Biology.

Source: Washington University