microbiome_nouvelle_thérapie_contre_eczema

Alors que les recherches sont en plein essor sur notre microbiome intestinal, ce n’est pas la seule partie de notre corps qui abrite de grandes populations de bactéries symbiotiques. Notre peau contient également une gamme complexe de micro-organismes, dont nous commençons tout juste à découvrir les effets bénéfiques. Une nouvelle étude a révélé que le traitement de la peau avec une certaine bactérie pourrait aider à soulager les symptômes de la dermatite atopique (eczéma), réduisant ainsi les besoins en stéroïdes topiques.

La bactérie Roseomonas mucosa

Des recherches antérieures menées par des scientifiques de l’Institut national des allergies et des maladies infectieuses (NIAID) ont révélé qu’une bactérie appelée Roseomonas mucosa améliorait les symptômes de la dermatite atopique dans les modèles de culture animale et cellulaire. L’équipe a ensuite entrepris d’examiner si ces résultats étaient transférables à des sujets humains et a récemment publié ces résultats d’un essai clinique humain de phase 1.

Dix sujets adultes atteints de dermatite atopique ont été traités deux fois par semaine pendant six semaines avec une solution contenant des bactéries vivantes de Roseomonas mucosa. Aucun effet indésirable n’a été observé lors du traitement et la plupart des participants ont signalé une amélioration de leurs symptômes. Une cohorte subséquente de sujets plus jeunes, âgés de neuf à 14 ans a été recrutée et a présenté des résultats positifs similaires.

«En appliquant des bactéries provenant d’une source saine sur la peau des personnes atteintes de dermatite atopique, nous cherchons à modifier le microbiome cutané de manière à soulager les symptômes et à libérer les patients du fardeau d’un traitement contraignant.», explique Ian Myles, un des chercheurs.

Un plus grand nombre de sujets 

Cette étude de phase 1 vise uniquement à démontrer la sécurité de l’approche, mais l’équipe passe maintenant à une étude de phase 2 qui inclura un plus grand nombre de sujets et un groupe placebo pour mieux démontrer son efficacité. L’un des résultats les plus intéressants de ce premier essai a été les effets continus du traitement bactérien; certains sujets ayant déclaré avoir besoin de moins de stéroïdes topiques pour gérer leur état, même quelques semaines après l’arrêt du traitement.

« Si de futures études cliniques démontrent que cette stratégie est efficace, nous espérons que notre travail mènera au développement de nouvelles thérapies de dermatite atopique à faible coût, qui ne nécessitent pas d’application quotidienne », explique Myles.

Cette recherche ne fait que commencer à explorer les effets systémiques causés par des altérations du microbiome de la peau. Par exemple, une étude récente de l’école de médecine de l’Université de Californie à San Diego a découvert une souche de bactéries présentes sur la peau qui pourrait inhiber le développement de certains cancers de la peau.

Des produits pour pour les soins de la peau

D’autres travaux menés par l’équipe du NIAID ont permis de découvrir des différences majeures entre les souches saines de Roseomonas mucosa et celles qui provoquent la dermatite atopique. Les chercheurs ont également découvert que certains produits pour les soins de la peau, tels que ceux contenant des formes de parabens, peuvent bloquer la croissance des souches bénéfiques de Roseomonas mucosa.

Plus de recherches doivent être faites avant que des conclusions claires puissent être faites, mais les chercheurs sont de plus en plus certains que ces produits pour la peau, peuvent aggraver les effets de la dermatite atopique en perturbant le microbiome de la peau. Cette étude a été publiée dans JCI Insight.

Source : National Institute of Allergy and Infectious Diseases (NIAID)