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Des scientifiques ont créé un dispositif de la taille d’une pilule – appelé biocapteur – permettant de détecter les saignements dans le tube digestif d’un cochon et de transmettre ces informations via un signal sans fil à un téléphone intelligent. Si les chercheurs arrivent à modifier ce capteur pour prélever d’autres produits chimiques et rétrécir sa taille, il pourrait un jour devenir une nouvelle façon d’analyser et de diagnostiquer des maladies intestinales.

Utilisation d’une bactérie

Pour fabriquer leur biocapteur, les ingénieurs et les biologistes se sont tournés vers une bactérie couramment commercialisée en tant que probiotique en Europe, puis ils l’ont génétiquement modifié pour qu’elle puisse détecter l’hème chimique du sang en y injectant plusieurs gènes: dont l’un qui se déclenche en présence d’hème, et un autre qui fait briller la cellule lorsqu’elle est suffisamment touchée pour allumer un détecteur et produire un signal sans fil.

Ils ont emballé les 44 millions de bactéries – avec une batterie, un détecteur de lumière et d’autres appareils électroniques – pour en faire une pilule de 10 millimètres sur 30 millimètres, qu’ils ont donné à trois cochons. Seuls les cochons ayant du sang dans leurs tubes digestifs ont déclenché le biocapteur, rapportent les chercheurs aujourd’hui dans Science.

D’autres dispositifs ont déjà été créés pour détecter les gaz dans l’intestin et contrôler à distance les capteurs à l’aide d’aimants. En détectant les produits chimiques du corps et contenant plusieurs versions de la bactérie, un «super» capteur pourrait un jour fournir des informations sur le cancer, les ulcères ou d’autres maladies, notent les chercheurs.

Réduire sa taille

Un tel « super-senseur » pourrait ne pas être disponible avant plusieurs années, affirment d’autres chercheurs. Car pour l’instant, l’équipe essaie de réduire cette pilule des deux tiers, ainsi que les demandes de puissance et la taille de la batterie.

Mais si un jour, ce biodétecteur devient facilement disponible, il pourrait devenir une excellente solution non évasive, afin de diagnostiquer les maladies de l’appareil digestif chez l’humain. Il pourrait par exemple remplacer les radiographies, qui présentent un certain risque pour la santé, si elles sont trop souvent utilisées, car les rayons X peuvent faire muter certains gènes, causer l’apparition de cancer, ainsi que des malformations fœtales.

source : Science