tueur-dinosaure

Le dioxyde de carbone libéré dans l’atmosphère après l’impact de l’astéroïde Chicxulub, qui a mis fin à l’ère des dinosaures il y a 65 millions d’années, a réchauffé le climat de la Terre pendant 100 000 ans, révèle une nouvelle étude. Les chercheurs se sont basés sur une analyse des fossiles, suggérant que la température globale de la Terre a augmenté de 5 degrés Celsius au cours de cette période.

Ces résultats soulèvent des inquiétudes quant au temps qu’il faudra à la planète pour se remettre des effets des émissions de gaz à effet de serre causées par l’homme, a déclaré Kenneth MacLeod, professeur de sciences géologiques à l’Université du Missouri et auteur principal du nouvel ouvrage, publié le 24 mai dans la revue Science.

Un réchauffement global de la planète

Les scientifiques ont longtemps émis l’hypothèse, après qu’un morceau de rocher venant de l’espace d’un diamètre de 7 à 14 kilomètres qui se serait écrasé dans la péninsule du Yucatan près de la ville actuelle de Chicxulub au Mexique, aurait fait augmenté brusquement la température de la planète pendant des minutes ou des heures suivant l’impact, a déclaré MacLeod. Après cela, elle aurait diminué pendant des mois ou des décennies, car l’énorme quantité de poussière et de suie projetée dans l’atmosphère par l’impact aurait bloqué les rayons du soleil. Finalement, le dioxyde de carbone libéré pendant l’impact aurait produit un réchauffement global de la planète.

L’étude de MacLeod est la première à présenter des preuves empiriques de la durée de ce réchauffement climatique lié aux gaz à effet de serre et de son importance. « Nous avons pensé que nous pourrions résoudre cette question en examinant des fragments fossilisés de dents de poisson, d’écailles et d’os de la section El Kef en Tunisie », a déclaré MacLeod en référence à un site paléontologique du nord-ouest de la Tunisie. les fossiles les mieux conservés du monde avant et après l’impact du Chicxulub

Les isotopes de l’oxygène des fossiles

Les chercheurs ont examiné les concentrations de différents isotopes de l’oxygène dans les fossiles. Ces isotopes diffèrent par le nombre de neutrons dans l’atome d’oxygène et, selon MacLeod, se comportent légèrement différemment les uns des autres. « L’une des différences est que, lorsque la température augmente, la quantité d’isotope de l’oxygène léger, l’oxygène 16, dans un minéral augmente un peu. », a déclaré MacLeod.

« Nous avons mesuré le rapport de l’oxygène 16 à l’oxygène 18. Puis nous avons constaté qu’il corrélait à un changement de température de 4,5 à 5 degrés. » Les chercheurs ont analysé 40 échantillons prélevés sur le site en Tunisie: 10 échantillons de la période de 50 000 ans avant l’impact, 20 échantillons des 100 000 années immédiatement après l’impact et 10 autres échantillons des 200 0000 années suivantes.

« Nous avons constaté qu’il y avait une très grande différence dans les isotopes de l’oxygène entre ces trois séries d’échantillons. ». Il a expliqué que lui et son équipe veulent maintenant analyser des échantillons de fossiles d’autres parties du monde et vérifier si des modèles similaires existent.

« C’est une chose de trouver 5 degrés de réchauffement en Afrique du Nord, mais c’est encore plus impressionnant de trouver 5 degrés de réchauffement en Afrique du Nord et peut-être 10 degrés de réchauffement en Australie « , a-t-il expliqué. « Cela renforcerait vraiment l’idée qu’il s’agit d’un signal global et d’un changement lié aux gaz à effet de serre ».

Des questions sur les conséquences des activités humaines

Selon MacLeod, cette étude, non seulement nous permet de mieux comprendre ce qui est arrivé aux systèmes de la Terre après la collision dévastatrice, mais elle soulève également des questions sur les conséquences des activités humaines à l’ère moderne. « Si je devais trouver une leçon de cette étude pour notre époque, ce serait l’idée que ce que nous faisons au cours de notre vie, affectera la Terre pour les 100 000 prochaines années, ce qui est assez décourageant. »

Source : Space