Des chercheurs français de l’Université-Clermont Auvergne (UCA) ont trouvé un moyen de transformer les peaux de vigne, les tiges et les graines laissées par la vinification en plastiques plus durables. En effet, Audrey Diouf-Lewis, une chercheuse française explique « qu’en France, les médecins recommandent de boire un verre de vin par jour parce qu’il est riche en antioxydants. L’industrie du vin transforme 25% des raisins crus en résidus composés de graines, de marc de raisin et de lies qui sont également riches en polyphénols – un antioxydant. Nous avons donc étudié le potentiel de ces molécules en tant que nouveaux stabilisants biosourcés pour les polymères. »

Un rôle important

Dans le corps humain, les polyphénols jouent un rôle important dans la prévention ou la réduction du diabète, du cancer et des maladies neurodégénératives et cardiovasculaires. Dans le cas des plastiques, ils peuvent aider à prévenir des réactions similaires qui ont pour effet de rendre les plastiques fragiles après avoir été exposés à la lumière et à l’air pendant de longues périodes.

Pour leur recherche, les scientifiques de l’Université de Clermont-Auvergne ont placé les restes de raisins Pinot noir dans un micro-ondes, avant de lyophiliser le liquide résultant pour en faire une poudre. Cette poudre a ensuite été incorporée dans la matrice moléculaire du polypropylène fondu, un plastique fréquemment utilisé pour l’emballage et les récipients.

Testés dans des conditions de vieillissement accéléré, les plastiques non traités ont commencé à se fissurer après seulement 25 heures. Cependant, le plastique qui avait été fabriqué en utilisant le résidu de raisin a duré plus de deux fois plus longtemps. Bien que Diouf-Lewis ait noté que leur procédé n’est pas aussi efficace que certains stabilisateurs commerciaux, il a l’avantage d’être plus écologique, et il est possible d’améliorer ses performances, a-t-elle expliqué.

Pour plusieurs produits en plastique

« Ces nouveaux additifs biosourcés seront principalement utilisés pour renforcer les plastiques et les bioplastiques destinés à une application en extérieur, car ils sont exposés à la lumière du soleil », a-t-elle poursuivi. « C’est le cas pour les meubles de jardin, les phares des voitures ou les emballages en plastique. »

À l’avenir, elle a noté que l’équipe vise à étudier l’efficacité des biodéchets d’autres industries, tels que les sous-produits de l’industrie du blé. Un article décrivant ce travail a récemment été publié dans le Journal of Applied Polymer Science.

Source : News Scientist