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Il existe en science une technique peu connue mais très puissante pour créer des vaccins contre une multitude de maladies. Historiquement, les vaccins étaient d’abord basés sur des versions affaiblies ou inactivées de virus vivants, mais ceux-ci présentaient quelques inconvénients. Dans certains cas, par exemple, le virus altéré pouvait redevenir un virus actif et provoquer la maladie pour laquelle il avait été conçu.

Les progrès modernes de la génétique et de l’ADN recombinant, ou technologie de l’ADNr, ont permis aux scientifiques de créer des vaccins qui n’ont plus ce potentiel de causer des maladies. Trois types différents de préparations basées sur cette technologie de l’ADNr sont utilisés pour concevoir des vaccins destinés aux animaux et humains.

1. Les virus génétiquement modifiés

Les scientifiques ont utilisé la technologie de l’ADNr pour modifier génétiquement des virus vivants, afin qu’ils puissent encore déclencher une réponse immunitaire, mais sans être des pathogènes. Cela nécessite de savoir quels gènes du virus sont associés à la réplication virale et, par la suite, de supprimer ou d’éliminer ces gènes. Un virus génétiquement modifié qui ne peut plus se répliquer contient toujours des protéines à sa surface – ou des antigènes – qui sont reconnus comme étant étrangers à l’hôte, ce qui favorise une réponse immunitaire au virus ciblé.

2. Les protéines virales recombinantes

Pour les virus dans lesquels la protéine ou l’antigène qui induit la réponse immunitaire est connue, l’ADN viral qui code cette protéine peut être isolé, et utilisé pour produire une protéine virale sans effets secondaires. De grandes quantités de protéines virales synthétisées à partir de l’ADN cloné sont ensuite purifiées et utilisées comme vaccin. Des protéines synthétisées à partir d’ADN cloné, ou un ensemble de protéines virales utilisées pour des immunisations, sont appelées vaccins inactivés recombinants.

3. Les vaccins génétiques

Les vaccins génétiques sont constitués de morceaux d’ADN viral dépouillés qui sont conçus pour initier l’expression d’un antigène protéique spécifique à la maladie après une injection dans l’animal en cours de vaccination. Ces petites pièces d’ADN viral sont injectées sous la peau, après quoi les cellules hôtes prennent l’ADN. Le modèle d’ADN est traduit et les protéines virales sont fabriquées dans les cellules hôtes. Le système immunitaire de l’hôte réagit s’il est exposé à la maladie elle-même et tente de la combattre en fabriquant des anticorps contre les protéines virales nouvellement synthétisées.

L’ADN recombinant une solution pour l’avenir

Malgré tous les vaccins développés grâce à la technologie de l’ADNr, les maladies infectieuses chez les animaux et chez les humains continuent d’être un problème mondial. La pression sélective et la sélection naturelle conduisent à des changements évolutifs des virus, qui produisent par conséquent de nouvelles souches que les vaccins actuels ne peuvent plus combattre efficacement, et c’est à ce niveau que l’ADNr entre en jeu . Voici comment cela fonctionne concrètement.

Il existe également des virus pour lesquels les vaccins n’existent pas car ils sont encore mal compris. Les progrès de la biotechnologie et les efforts à grande échelle du projet des génomes viraux au Centre national d’information sur la biotechnologie de la National Institutes of Health ont conduit au séquençage de plus de 1 200 génomes viraux différents – un génome est l’ensemble complet des gènes trouvés dans un organisme comme un virus.

De nouveaux vaccins

Cette initiative de séquençage continue fournit aux scientifiques de nouvelles informations génétiques qui faciliteront le développement de nouveaux vaccins grâce à la technologie de l’ADNr. En procédant de cette façon, les chercheurs peuvent produire une foule de vaccins pour diverses maladies très facilement, ce qui permettra dans le futur d’avoir accès à des vaccins très puissants et pratiquement sans effets secondaires.

Source : Sciencing