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On croit souvent à tort, que la maladie d’Alzheimer est simplement d’origine génétique et que rien ne peut freiner son développement. Mais l’Académie Américaine de Médecine du Sommeil (AASM) a publié aujourd’hui un avertissement médical sur le rôle important que le manque ou l’insuffisance de sommeil peut avoir sur le développement de la maladie d’Alzheimer, qui est la cause la plus fréquente de démence et une cause majeure de décès dans plusieurs pays. À titre consultatif, l’AASM croit qu’une intervention précoce pour traiter un trouble du sommeil comme l’apnée obstructive du sommeil peut aider à prévenir ou à retarder la maladie d’Alzheimer.

Des études épidémiologiques 

Des études épidémiologiques du sommeil démontrent que des années de pertes de sommeil ou de mauvais sommeil, peuvent contribuer à l’accumulation progressive de bêta-amyloïde, une protéine du cerveau liée à la maladie d’Alzheimer. Cette protéine toxique, lié à l’altération de l’apprentissage et de la mémoire, peut être éliminé lorsqu’un sommeil suffisant est atteint de façon constante.

« Cette recherche suggère que la privation de sommeil peut augmenter les risques de développer la maladie d’Alzheimer », a déclaré le Dr Ronald Chervin, président sortant de l’AASM. « Ces résultats mettent en évidence deux points à retenir. Premièrement, un bon sommeil, pendant plusieurs heures à chaque nuit, devrait être une priorité pour quiconque se soucie de sa santé à long terme, et deuxièmement, les adultes qui dorment mal devraient demander des conseils à leurs médecins, ou visiter un centre de sommeil accrédité. Le but n’est pas seulement d’améliorer la santé, la sécurité et la qualité de vie, mais peut-être d’aider à réduire le risque de démence.

L’apnée obstructive du sommeil peut augmenter les risques

Des études suggèrent également que l’apnée obstructive du sommeil – une cause fréquente de mauvais sommeil – peut augmenter les risques d’avoir la maladie d’Alzheimer. Lorsque l’apnée du sommeil n’est pas traitée, la perturbation continue et répétée du sommeil, les faibles taux d’oxygène ou d’autres effets indésirables, tels que l’augmentation du taux de la bêta-amyloïde peuvent contribuer à la progression de la maladie d’Alzheimer.

Cette année, le National Institutes of Health (NIH) a organisé un Sommet de recherche sur la maladie d’Alzheimer. Parmi les recommandations du sommet il y avait :

  • Élargir les efforts pour comprendre les liens mécanistes entre le sommeil et la perturbation circadienne, et la maladie d’Alzheimer et les démences apparentées à plusieurs niveaux (épigénétique, expression génique, protéomique, neuronale) pour identifier de nouvelles cibles et approches pour la prévention de l’Alzheimer.
  • Identifier de nouvelles stratégies de réduction des risques en corrigeant les expositions environnementales négatives, par exemple le manque de sécurité du quartier, la discrimination, la pauvreté, le manque d’accès aux soins médicaux, la mauvaise alimentation, la faible activité physique, l’isolement social, les substances toxiques, la mauvaise qualité de l’air et de la lumière. Ces interventions devraient intégrer le phénotypage profond pour comprendre les déterminants de la réponse et informer la médecine pour la prévention des maladies.

«L’AASM recommande aux cliniciens de rechercher chez les adultes les signes d’un éventuel trouble du sommeil, comme une somnolence diurne excessive, le ronflement et un sommeil non réparateur», a déclaré le Dr Ilene Rosen, présidente de l’AASM. « Plus de recherche devrait être menée sur les effets de l’insuffisance de sommeil, le manque de sommeil et l’apnée obstructive du sommeil dans le développement de la maladie d’Alzheimer et des démences apparentées. »

Le contenu complet de l’avis de santé peut être trouvé ici : https://aasm.org/wp-cnontent/uploads/2018/06/sleep-Alzheimers-health-advisory.pdf.

Source : AASM