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La soie d’araignée est un matériau très souple. Nous avons déjà découvert plusieurs façons de l’utiliser, comme recycler des nerfs après de graves blessures, ou pour améliorer la qualité des microphones utilisés dans les prothèses auditives. Aujourd’hui, des chercheurs de l’Université de Genève et d’autres institutions ont trouvé une autre façon d’utiliser les toiles d’araignées : combattre le cancer.

Augmenter l’efficacité des vaccins

Ces chercheurs ont démontré comment des microcapsules faites de soie d’araignée artificielle pouvaient être utilisées pour augmenter l’efficacité des vaccins, en les injectant directement dans le sang des patients cancéreux.

«La soie d’araignée est légère et très résistante», a déclaré Carole Bourquin, spécialiste en immunothérapies antitumorales, qui a travaillé sur ce projet. « Elle n’induit aucune inflammation ou réaction immunitaire. De plus, nous avons constaté que les microparticules peuvent résister à des températures extrêmement élevées, soit de plus de 100 degrés Celsius pendant plusieurs heures. Cela suggère qu’elles peuvent protéger les vaccins dans les pays en développement où la réfrigération est souvent un problème pour les vaccins conventionnels. »

Dans leur démonstration, les chercheurs ont utilisé la biotechnologie pour créer les microcapsules de soie d’araignée. «Il s’agit essentiellement d’une chaîne protéique enroulée sur elle-même comme une pelote de laine pour former des microparticules, dans lesquelles nous avons incorporé le vaccin», a poursuivi M. Bourquin. « Les microparticules protègent le vaccin d’une rapide dégradation dans le corps et le transportant vers les cellules immunitaires, où il est libéré et induit une réponse immunitaire très forte. « La réponse immunitaire est beaucoup plus efficace avec ce système de transport de vaccins.  »

Les lymphocytes T

Les chercheurs ont pu démontrer avec succès que ce vaccin délivré par la soie d’araignée génère de fortes réponses immunitaires des lymphocytes T, lesquels sont essentiels pour la protection contre le cancer et certaines maladies infectieuses, telles que la tuberculose. Alors que Bourquin a noté qu’il y a encore beaucoup de travail à faire avant que cette approche puisse être testée chez des patients, elle explique que cela semble extrêmement prometteur.

Un document décrivant ce travail, intitulé : « les particules de soie d’araignées hybrides modifiées comme système de livraison pour les vaccins peptidiques, » a été publié dans the journal Biomaterials.