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Selon une nouvelle estimation des émissions de dioxyde de carbone, les résidents d’une centaine de villes représentent 20% de l’empreinte du carbone globale sur Terre. Cette part est comparable aux émissions mondiales liées à l’industrie, montrant comment la consommation individuelle est un contributeur majeur à l’excès de dioxyde de carbone. Cette analyse a calculé les émissions dans 13 000 villes, ce qui en fait l’étude la plus large sur l’empreinte du carbone des villes jusqu’à ce jour. Les résultats, selon l’équipe de recherche internationale, éclairent la mesure dans laquelle les résidents de quelques villes seulement peuvent contribuer à l’empreinte globale d’un pays.

Un calcul de l’empreinte incomplet

Avant cette étude, des équipes de chercheurs n’avaient calculé que l’empreinte du carbone totale provenait d’environ 150 villes. La vaste portée de cette nouvelle étude offre aux climatologues et aux fonctionnaires, une connaissance précieuse, des métropoles pour lesquelles les données d’émissions locales sont rares ou inexistantes, comme Téhéran, explique Anu Ramaswami, un ingénieur environnemental de l’Université du Minnesota qui n’a pas participé à la nouvelle recherche.

Les calculs antérieurs ont pour la plupart comptabilisé des facteurs comme les émissions associées à la production d’énergie, aux affaires, à l’industrie et aux transports pour générer l’empreinte globale d’une ville. Selon Dan Moran, auteur principal de cette nouvelle étude et chercheur à l’Université norvégienne des sciences et de la technologie, «il est simplement trop laborieux d’analyser ces empreintes individuellement pour chaque ville» en ajoutant tous ces secteurs.

Une approche plus large

« Nous avions besoin de prendre plus de « micro-niveaux » afin de calculer plus d’émissions venant de villes. Alors Moran et son équipe de recherche ont commencé par une approche plus large, en s’appuyant sur la production de carbone précédemment calculée à des échelles plus larges – des codes postaux américains aux provinces du Canada et les pays d’Europe, ainsi que du Japon et de la Chine, en passant par les estimations nationales des émissions; cela a été comptabilisé par chaque ville.

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Le revenu local comme indicateur des émissions de CO2

L’équipe a décomposé cela en collectant des informations sur le revenu local, qu’ils ont utilisé comme indicateur des émissions: plus la richesse est présente dans une ville, plus la capacité et la probabilité d’adopter des comportements émettant de dioxyde de carbone augmente, selon la littérature scientifique. L’équipe a utilisé ces données, ainsi que des estimations de la population, pour déterminer quelle part des émissions nationales et étatiques attribuer à chaque ville.

Cette méthode ne fait qu’estimer la tranche de consommation de l’empreinte carbone des ménages, y compris les émissions liées à la culture et à la livraison des aliments consommés, ainsi que les types de transport utilisés dans une ville, mais l’approche n’inclut pas les émissions liées plus directement à l’industrie et à l’utilisation des terres.

Ce groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat des Nations Unies a estimé que l’industrie représentait près du quart des émissions totales de gaz à effet de serre; l’agriculture et l’utilisation des terres combinées constituent une autre variante. En dépit de l’exclusion de ces contributeurs de CO2, Moran explique que les résultats de l’équipe démontrent le fort impact des citadins sur les émissions globales de carbone.

Les émissions peuvent provenir de quelques villes

La majeure partie des émissions de carbone liée à la consommation d’un pays peut être concentrée dans quelques villes seulement: par exemple, les résidents de la capitale sud-coréenne, Séoul, représentent environ 45% des émissions globales de carbone de ce pays; au Royaume-Uni, à Londres, Manchester et Birmingham, elles contribuent ensemble à plus de 20% de la production nationale; alors qu’aux États-Unis, les habitants de Chicago, New York et Los Angeles représentent ensemble près de 10% de l’empreinte globale du pays.

Il peut sembler évident que plus il y a de personnes et plus il y de richesses, cela signifient plus d’émissions de carbone. Mais Moran a été surpris par la quantité de cette production concentrée dans les zones métropolitaines. Il a été particulièrement surpris quand, au cours de ses recherches, il a découvert qu’environ un tiers de l’empreinte d’un résident urbain est déterminé par le choix du transport en commun de cette ville et l’infrastructure de ces bâtiments.

Adopter des mesures pour réduire les émissions de CO2

En fin de compte, il voit ce travail, publié en mai dans Environmental Research Letters, comme un appel aux villes à prendre des mesures pour réduire leurs émissions de CO2. Selon Moran, si les villes utilisaient une source d’énergie plus efficace ou utilisaient des autobus électriques, elles pourraient réduire leurs émissions d’au moins 25%. « Il y a beaucoup de pouvoir dans les villes », explique-t-il, « et je pense qu’au niveau plus local du gouvernement, nous pouvons prendre des mesures plus rapidement qu’au niveau national. »

Source : Scientific American