Toxoplasmose-propagation-élucidée

La toxoplasmose est une infection très répandue; seulement aux États-Unis, elle touche 60 millions de personnes et un tiers de la population mondiale. Cette maladie passe parfois complètement inaperçue, bien qu’elle puisse produire à long terme des symptômes très graves, comme des maladies psychiatriques, notamment la dépression, les idéations suicidaires et la schizophrénie. Il est donc important de connaître la façon dont ce parasite se propage chez l’humain.

Le parasite Toxoplasma gondii

La toxoplasmose est causée par le parasite Toxoplasma gondii, qui se multiplie dans un hôte. Les humains deviennent principalement infectés en mangeant de la viande insuffisamment cuite et des fruits et légumes mal lavés. Après avoir infecté le système digestif, le parasite pénètre dans les tissus profonds du système nerveux, entre autres, et reste là pour se développer.

Pour ce faire, T. gondii met en œuvre une stratégie invasive ingénieuse. Les scientifiques de l’Institut des Hautes Biosciences (IAB) (CNRS / INSERM / Université Grenoble Alpes) ont reconstitué avec succès les étapes franchies par ce parasite pour pénétrer dans une cellule hôte.

Son mécanisme

T. gondii injecte un complexe protéique dans la membrane de la cellule hôte pour former une porte à travers laquelle il passe en quelques secondes. Il effectue ensuite un mouvement de torsion pour fermer la porte derrière lui-même. Cette force de rotation lui permet également de se sceller dans une vacuole, un petit sac qui sert de nid, où il continue à se développer aux dépens de l’hôte.

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Cette étude, pionnière dans son domaine, dévoile une étape dans le processus d’invasion qui constitue probablement l’un des premiers « signaux » où Toxoplasma gondii peut commencer la phase intracellulaire de son cycle. L’équipe se concentre maintenant sur la compréhension détaillée des propriétés mécaniques de cette porte qui ouvre et ferme les membranes cellulaires.

Développer des stratégies

En comprenant mieux ce mécanisme, les scientifiques pourront, dans les années futures, développer des stratégies pour stopper cette maladie envahissante, qui est surtout problématique chez les nourrissons, lesquels peuvent être infectés dans l’utérus et développer les symptômes susmentionnés plus tard dans la vie.

Source : CNRS