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On croit souvent que l’obésité chez les jeunes enfants est une fatalité causée uniquement par les gènes, ou une mauvaise alimentation. Mais une nouvelle étude, démontre que les enfants et les adolescents dont les mères suivent cinq habitudes de vie saines – manger sainement, faire de l’exercice régulièrement, garder un poids santé, consommer de l’alcool avec modération et ne pas fumer – sont 75% moins susceptibles de devenir obèses que les mères qui n’ont pas suivi de telles habitudes.

Un risque inférieur de 75 %

«Notre étude a été la première à démontrer qu’un mode de vie sain prévalait sur tous les autres facteurs liés au mode de vie sain, suivis par les mères, pour réduire le risque d’obésité chez leurs enfants», a déclaré Qi Sun, professeur agrégé au département de nutrition et auteur de l’étude.

Un enfant sur cinq aux États-Unis (20 %), âgés de 6 à 19 ans souffre d’obésité, ce qui les expose au risque de diabète, de maladie cardiaque et d’autres troubles métaboliques, plus tard dans la vie. Bien que l’on sache que la génétique joue un rôle dans l’obésité, l’augmentation rapide de la maladie ces dernières années est probablement due aux changements de mode de vie et d’alimentation, indiquant que « se nourrir sans tenir compte de nos véritables besoins» alimente l’épidémie actuelle d’obésité.

Cette épidémie est également présente dans plusieurs pays en Occident; par exemple en France le pourcentage d’enfants obèses est de 13,5 % (en 2016), et au Canada 14,73 % (2016).

L’association entre le mode de vie d’une mère et le risque d’obésité

Pour validé ces résultats, les chercheurs se sont concentrés sur l’association entre le mode de vie d’une mère et le risque d’obésité chez leurs enfants et adolescents âgés de 9 à 18 ans. Ils ont examiné les données de 24 289 enfants inscrits dans l’étude Growing Up Today, qui sont nés de 16 945 femmes inscrites à l’étude sur la santé des infirmières II (Nurses’ Health Study II).

Les chercheurs ont constaté que 1 282 des enfants, ou 5,3 %, ont développé l’obésité au cours d’une période de suivie médiane de cinq ans. L’obésité maternelle, le tabagisme et l’inactivité physique étaient fortement associés à l’obésité chez les enfants et les adolescents. Alors que la plus forte baisse du risque d’obésité a été observée lorsque les mères et les enfants suivaient de saines habitudes de vie, bon nombre des habitudes saines avaient un impact notable sur le risque d’obésité infantile lorsqu’elles étaient évaluées individuellement. Les enfants de femmes ayant maintenu un poids santé (indice de masse corporelle de 18,5 à 24,9) présentaient un risque d’obésité inférieur de 56 % à celui des enfants de femmes n’ayant pas un poids santé.

Le risque d’obésité était également plus faible chez les enfants de mères qui consommaient des quantités d’alcool allant de faibles à modérées, par rapport aux enfants de mères qui s’abstenaient de consommer de l’alcool. Parce que si peu de mères dans la Nurses’Health Study II étaient considérées comme de grosses buveuses, les chercheurs n’ont pas pu déterminer l’association entre l’usage intensif d’alcool et le risque d’obésité chez les enfants.

Les habitudes de vie des mères jouent un rôle important

Les résultats de cette étude soulignent le rôle crucial que les choix de vie d’une mère peuvent avoir sur la santé de ses enfants et soutiennent le fait qu’une stratégie d’intervention, axée sur la famille ou les parents pour réduire le risque d’obésité infantile, doit être envisagée pour contrer l’épidémie d’obésité que nous observons dans plusieurs pays en Occident.

Source : The BMJ