solitude

L’être humain aime croire qu’il est doté du libre arbitre, mais des preuves s’accumulent que nous pourrions être le résultat de l’influence de nos gènes et de notre culture. Par exemple des chercheurs ont réussi à modéliser mathématiquement le moment où dans une société peut surgir un conflit de grande envergure; si nous étions dotés du libre arbitre, cette modélisation serait impossible. Pourtant elle existe et elle est particulièrement précise.

Des gènes jouent un rôle à vivre la solitude

Une autre étude vient jeter une brique dans la mare de cette croyance. En effet, un trio de chercheurs de l’École de médecine clinique de l’Université de Cambridge a découvert des gènes qui semblent jouer un rôle dans la propension d’une personne à vivre la solitude et, dans une certaine mesure, dans son caractère antisocial. Dans leur article publié dans la revue Nature Communications, Felix Day, Ken Ong et John Perry décrivent leur comparaison des traits génétiques chez les personnes inscrites dans une base de données d’information sur la santé.

Les scientifiques ont longtemps soupçonné que les gènes jouaient un rôle dans la façon dont les gens se sentent seuls dans certaines circonstances – certains semblent savourer l’isolement, tandis que d’autres le vivent comme une torture. De même, il y a eu un certain degré de croyance que les gènes jouaient également un rôle dans la façon dont les personnes se comportent dans la société.

Trier par loci génétiques

Dans cette nouvelle étude, les chercheurs ont mis ces hypothèses à l’épreuve en effectuant des recherches sur une base de données publique, la Biobanque britannique, qui stocke des informations sur les patients. Parce que l’information sur la santé comprend des données d’enquêtes portant sur la solitude et la sociabilité ainsi que l’information génétique, les chercheurs ont été en mesure de trier par loci génétiques.

Les chercheurs ont découvert qu’ils étaient capables d’isoler des variations dans 15 locus qui pourraient être associées à la solitude – les gens ayant une variation donnée avaient tendance à déclarer être plus seuls que d’autres. Ils ont également trouvé des associations entre l’obésité et la solitude, bien qu’ils ne soient pas en mesure de dire à qui pourrait cela contribuer.

Les chercheurs ont également trouvé des associations entre 13 loci et comportements sociaux, comme une tendance à aller régulièrement au pub ou à rendre visite à des amis. De plus, 18 autres loci étaient associés à la participation à des activités religieuses.

Les chercheurs notent qu’ils ont également remarqué de multiples chevauchements génétiques – ceux avec des variantes génétiques associées à la dépression par exemple, avaient aussi parfois une tendance génétique à une mauvaise santé vasculaire et à l’obésité.

Sommes-nous régis par nos gènes ?

Ils insistent sur le fait qu’ils ne suggèrent pas que les gènes seuls expliquent à quel point un individu peut se sentir seul ou sociable – au contraire, ils suggèrent que les gènes jouent probablement au moins un petit rôle. Ils reconnaissent également que leurs résultats sont basés sur des individus qui ont déclaré eux-mêmes leur solitude ou leurs activités sociales; ce qui signifie que d’autres études devront être menées avant que leurs résultats puissent être confirmés.

Mais si ces résultats sont confirmés, nous pourrons commencer à nous poser cette question fondamentale; somme-nous régis par un ensemble de « dictats génétiques » ?

Source : Medical Xpress