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Grâce à de nouvelles recherches, notre compréhension de la psychopathie s’est considérablement améliorée. Certaines études ont complètement changé notre perception de ce que signifie être un psychopathe, montrant que malgré leur réputation, ils ne sont pas tous calmes et sans anxiété.

Des préférences musicales

Par exemple les psychopathes sont plus susceptibles d’écouter du rap que de la musique classique et du jazz. Nous savons également qu’ils aiment fréquenter les salles de conférences, les palais de justice. Pourtant, notre compréhension de ce qui rend un individu normal un psychopathe est beaucoup moins claire. Traditionnellement, notre définition était associée à une sorte d’échec moral ou à une absence d’empathie.

Mais Nathaniel E. Anderson de The Mind Research Network et Lovelace Biomedical and Environmental Research Institute a une théorie alternative. Ils estiment que la psychopathie est liée à des déficiences de connexions dans de multiples réseaux cérébraux. Afin de le prouver ils ont fait une étude récemment publiée dans la revue Cognitive, Affective, & Behavioral Neuroscience.

« Le public a tendance à considérer les psychopathes comme des monstres et des causes perdues », a déclaré Anderson. « Je veux encourager la reconnaissance qu’il s’agit d’une maladie mentale grave qui peut être traitée avec les mêmes outils que nous utilisons pour étudier d’autres maladies mentales, comme la schizophrénie, l’autisme et la dépression. »

Un lien entre l’attention altérée et les traits psychopathiques

Anderson et ses collègues se sont basées sur une étude de 2010 qui avait trouvé un lien entre l’attention altérée et les traits psychopathiques, suggérant que le premier contribuait à la seconde. Pour approfondir cette idée, l’équipe a recruté 168 détenus de sexe masculin dans deux centres de rééducation à sécurité moyenne, et leur a fait accomplir une tâche auditive bizarre. Les volontaires (qui avaient tous été reconnus comme ayant des traits psychopathes selon la Psychopathy Checklist—revised (PCL-R), ont été invités à écouter un enregistrement de différents sons et à appuyer sur un bouton lorsqu’ils entendaient un son aigu spécifique.

Pendant ce temps, les volontaires étaient à l’intérieur d’une machine fonctionnelle d’imagerie par résonance magnétique (IRMf) afin que les chercheurs puissent surveiller leur activité cérébrale. L’IRMf a révélé une activité anormale dans les zones du cerveau impliquées dans l’attention telle que le cortex temporal antérieur, le cortex préfrontal médian et le cortex cingulaire antérieur, ce qui semble corroborer les résultats antérieurs.

Cela montre que la façon dont le cerveau décide de ce qui est important et ce qui ne l’est pas – que cela ait quelque chose à voir avec l’émotion ou non – peut jouer un rôle important dans le développement de la psychopathie. « La raison pour laquelle le traitement émotionnel pourrait être altéré chez les psychopathes est qu’un cerveau d’un psychopathe n’assiste pas aux informations émotionnelles de la même manière qu’un cerveau en bonne santé », poursuit Anderson, « il n’est donc pas intégré dans des processus plus complexes, comme la prise de décision. »

Une étude non concluante mais intéressante

L’expérience s’est penchée sur une tâche très spécifique et, même si elle jette une lumière intéressante sur la psychopathie, elle n’est pas totalement concluante selon les standards scientifiques. Anderson espère étendre cette recherche à différentes tâches basées sur l’attention et à d’autres populations, telles que les enfants qui présentent des traits psychopathiques.

Source : Psy Post