coreille-mort-001

Les récifs coralliens soutiennent un quart de la vie marine, nourrissent des centaines de millions de personnes et contribuent largement à l’économie mondiale. Mais ils meurent dans des événements de blanchiment de masse, alors que le changement climatique réchauffe nos océans et brise les relations vitales entre les coraux et les algues fournissant de l’énergie.

L’immunologie serait la solution

Un nouveau modèle, publié dans Nature’s Communications Biology, donne l’espoir qu’un changement d’orientation de la recherche vers l’immunité corallienne soutiendra les efforts de conservation et de restauration des récifs. La Dr Caroline Palmer, chercheur invité à l’Université de Plymouth, a passé plus d’une décennie à examiner la santé des coraux d’un point de vue immunologique. En particulier, elle a identifié les mécanismes immunitaires du corail et a cherché à comprendre ce qui permet à certains coraux de survivre tandis que d’autres meurent.

Cela a conduit le Dr Palmer à découvrir que les coraux ayant des défenses immunitaires plus élevées sont moins susceptibles de devenir malades ou de se décolorer. Dans son dernier travail, elle développe cette observation en s’inspirant d’une théorie des insectes qui explique comment les coraux peuvent coexister avec des micro-organismes, en tant que «holobionte», tout en résistant à l’infection ou à d’autres perturbations.

Qu’est-ce qu’un holobionte ?

Les holobiontes sont des assemblages d’espèces différentes formants des unités écologiques. Lynn Margulis a proposé que toute association physique entre des individus d’espèces différentes pour des parties significatives de leur histoire de vie est une symbiose. Tous les participants à la symbiose sont des bionts, et donc l’assemblage résultant est un holobionte.

Les changements climatiques

La Dr Palmer présente également un modèle de susceptibilité aux coraux, dans lequel l’investissement dans l’immunité permet au corail, avec ses micro-organismes, de tolérer plus de dommages avant d’initier une réponse immunitaire. Ce modèle décrit comment la tolérance des coraux peut varier entre les coraux, indiquant leur sensibilité aux perturbations, telles que les événements de blanchiment.

«Il ne fait aucun doute que les changements climatiques dévastent les systèmes de récifs coralliens, mais si nous voulons les conserver ou les restaurer, nous devons comprendre la santé des coraux – ce qui motive la tolérance et comment la promouvoir», explique le Dr Palmer. « Si vous avez un système immunitaire fort, et l’énergie pour le soutenir, vous êtes plus susceptible d’être en bonne santé et de survivre à des conditions défavorables, comme le réchauffement climatique. »

Un domaine de recherche sous étudié

Il y a plus d’une décennie, la Dr Palmer a commencé à examiner les systèmes immunitaires des coraux bâtisseurs de récifs, et son étude a été la première recherche à s’intéresser à ce sujet en profondeur. Mais elle dit que l’immunité corallienne reste un domaine de recherche sous étudié, car peu de gens s’intéressent au sort des coraux.

D’autre part, le blanchissement des coraux est un sujet de recherche depuis des décennies, même s’il est souvent considéré comme distinct de l’immunité – cependant, la Dr Palmer suggère qu’il s’agit d’une composante de l’immunité holobionnaire corallienne. Elle propose également un modèle immunologique par lequel les coraux peuvent augmenter leur tolérance aux conditions défavorables – suggérant une façon dont le corail peut s’adapter à de nouvelles conditions plus extrêmes.

La Dr Palmer, actuellement chercheur principal sur le projet « Seeking Survivors » sur la santé des coraux au Costa Rica, a ajouté: « les biologistes des coraux doivent se préparer à protéger les récifs coralliens, avant qu’il ne soit trop tard, et que la nature en subisse les conséquences. Je soutiens pleinement ces approches, mais je crois que comprendre ce qui motive la santé des coraux sera la clé de leur succès, mais pour cela il faut y mettre du temps et des efforts. Sinon nous pourrions un jour nous trouver face à la mort des ces organismes essentiels à la vie marine. »

Source : University Of Plymouth