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Il existe une étrange maladie, appelée syndrome de fatigue chronique, qui affecterait des millions de personnes dans presque tous les pays sur la planète. Par exemple au Canada, ont estime qu’un demi-million d’individus sont atteints du SFC, en France ce nombre serait de 150 000 et un million d’Américains seraient touchés à des degrés divers par ce syndrome. C’est donc un problème de santé important, mais qui a longtemps été négligé par les chercheurs en science.

Une véritable maladie

Mais l’encéphalomyélite myalgique, ou SFC, comme on l’appelle plus communément, est une maladie grave et incapacitante, qui peut avoir un impact dévastateur sur la vie des personnes atteintes. Les symptômes comprennent: une perte de mémoire, des douleurs aux membres, des troubles du sommeil, une sensibilité à la lumière, de nouvelles intolérances alimentaires, des douleurs à la gorge et plusieurs autres.

Initialement déconcertés par leur fatigue incapacitante, de nombreux patients tentent de vivre leur vie normalement. Mais de tels efforts ont un coût important. Même de petites quantités d’activité physique peuvent déclencher des «accidents» appelés « malaises post-effort », qui aggravent les symptômes.

De simples activités telles que prendre une douche, faire l’épicerie ou rencontrer un ami pour un café deviennent difficiles, voire impossibles. Malheureusement, pour environ 25 % des patients, les symptômes sont si graves qu’ils restent confinés au lit ou confinés à la maison, et le risque de suicide est élevé. La plupart des patients font face à un défi majeur pour obtenir un diagnostic. Une étude britannique a trouvé que 85 % des patients passent de médecin à médecin, pendant plus de deux ans sans jamais obtenir un diagnostic précis.

Des tests sanguins normaux

Les causes sous-jacentes se sont avérées difficiles à identifier. Pour de nombreux patients, les tests sanguins et pathologiques sont souvent normaux. En 2011, les résultats d’un essai clinique ont suggéré que les patients pouvaient améliorer leur état, grâce à une thérapie cognitovo-comportementale, et par un programme d’exercices gradués. Ces résultats ont alimenté le débat quant à savoir si cette condition pourrait être une maladie d’origine psychologique. Mais une étude américaine examinant près de 10 000 publications de recherche a suggéré le contraire, concluant que le SFC est une maladie grave, chronique, complexe et systémique.

Les critiques de la thérapie psychologique et de l’exercice pour le SFC ont été répandues, avec plus de 50 études publiées dans des revues scientifiques de premier plan (BMJ, Journal of Health Psychology, Nature, Lancet) soulevant de sérieuses inquiétudes quant à la robustesse des allégations. Alors que l’exercice peut clairement bénéficier aux patients atteints d’un large éventail de maladies, l’activité physique peut provoquer une détérioration rapide des symptômes chez les patients atteints du syndrome de fatigue chronique.

Une des théories est que les patients ont un «trou» dans leur armure immunologique, ce qui peut entraîner des infections persistantes «couvantes» et une inflammation chronique. Mais il est très difficile de trouver des preuves directes de telles infections persistantes chez la plupart des patients, et les médicaments antiviraux ou les antibiotiques semblent avoir une activité très modeste, malgré leurs activités vitales dans de nombreuses autres maladies infectieuses.

Des anomalies métaboliques

Les patients atteints du SFC ont aussi des anomalies métaboliques dans la façon dont l’énergie est générée dans leur corps – ce qui explique la raison pour laquelle ils succombent rapidement à la fatigue musculaire pendant l’exercice. Jusqu’à présent, les essais cliniques examinant les effets des médicaments immunosuppresseurs, des thérapies par anticorps, des médicaments antiviraux, des thérapies des troubles de l’hyperactivité avec déficit de l’attention, et des antidépresseurs n’ont pas conduit à des améliorations majeures.

Mais un redémarrage de la recherche est maintenant en cours. Un nouveau médicament pourrait mettre un terme aux souffrances ressenties par ces millions d’individus; il s’agit du CT38 ou Urocortin, qui est un peptide. Un brevet a été déposé, expliquant comment ce médicament fonctionne. De plus, la compagnie pharmaceutique (Cortene inc.) qui a découvert ce peptide, vient de dévoilé la progression de leur étude clinique. Voici un résumé du communiqué de presse.

Le CT38 (Urocortin)

Le développement en laboratoire et les tests de la formulation du médicament CT38 ont été terminés à la fin du mois de mai, ce qui nous a permis de soumettre notre demande d’essai à l’approbation réglementaire.

Spécificités de l’essai

Protocole : La conception de l’essai implique 18 patients, soumis à 2 stress d’exercice (sur une bicyclette stationnaire), chacun suivi d’une période de récupération de 4 semaines, et séparés par traitement (2 perfusions de 3 heures de la solution de médicament stérile, à 1 et 3 niveaux de dose: faible, intermédiaire ou élevé).

Critères d’évaluation : L’étude comparera les différences avant et après traitement, au niveau des performances et de la fonction de l’exercice pendant la récupération, en utilisant une combinaison de paramètres objectifs et subjectifs. Objectivement, nous mesurerons les performances de l’exercice (gaz sanguins, travail, temps de ventilation, etc.) et fonctionnerons pendant la récupération (suivi continu de Fitbit fournissant des données sur l’activité, le sommeil, la fréquence cardiaque, etc.). Subjectivement, nous mesurerons les scores de symptômes quotidiens (et les récits sur l’activité et les effets inhabituels).

Progrès : Le site clinique (BHC) a identifié plusieurs bons candidats pour ce traitement, et un groupe initial de 5 à 6 patients sont potentiellement prêts à commencer l’essai. BHC recrute également d’autres patients pour un essai non-interventionnel, et beaucoup de ces patients seront éligibles pour notre essai.

Soumissions réglementaires : Au cours de la semaine du 4 juin, nous avons déposé une demande de nouveau médicament expérimental auprès de la FDA. Cela rassemble toutes les informations sur la base théorique pour le traitement, la toxicologie, la chimie / fabrication et la sécurité clinique du médicament, ainsi que le protocole d’essai. Nous l’avons également soumis à l’Institutional Review Board (IRB, chargé de la sécurité des patients et des droits). En supposant qu’il n’y ait pas de problème avec la FDA et l’IRB, nous devrions pouvoir commencer les tests dans la première semaine de juillet.

Investissement : Nous avons accueilli un nouvel investisseur et cela complète nos activités de collecte de fonds pour le moment.

Propriété intellectuelle : Nous n’avons pas encore commencé la poursuite du brevet, ce que nous ferons dès que nous aurons une preuve d’effet (des essais).

Blogs : Comme mentionné précédemment, Cort Johnson (renommé pour simplifier la recherche pour les patients) a publié 3 blogs sur Cortene, qui ont généré un énorme intérêt (en fait les blogs les plus réussis à ce jour). Nous prévoyons de publier un quatrième blog, après l’approbation de l’IRB, fournissant les détails du site et du protocole.

Financement : Cette étude est financée par le National Institutes of Health, qui sont des institutions gouvernementales des États-Unis qui s’occupent de la recherche médicale et biomédicale.

En résumé, si tout se passe bien, nous espérons commencer l’essai au début du mois de juillet, avoir les premiers patients au début d’octobre et, idéalement, compléter les essaies à faible dose d’ici la fin d’octobre. Nous tenons à remercier nos investisseurs et nos conseillers qui ont rendu cela possible.

Conclusion

Donc ce médicament semble avoir le potentiel de guérir les patients atteints du syndrome de fatigue chronique. Pourquoi cela est important ? Parce que cette maladie est depuis de nombreuses années, rejetée par le corps médical et que les patients se retrouvent isolés, ostracisés, et que certains médecins les jugent comme étant des individus souffrant d’une maladie mentale. L’Urocortin apporterait donc un espoir pour ces millions de personnes. C’est une histoire que je suivrai de très près, car je ne veux surtout pas tomber dans le piège de la pseudo-science.