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Nous savons déjà que les femmes peuvent ressentir de la tristesse et un sentiment de solitude après un rapport sexuel, ce sentiment est appelé dysphorie post-coïtale (DPC). Selon une étude, 46% des femmes avaient déjà éprouvé un sentiment de tristesse au moins une fois dans leur vie, après un rapport sexuel. Mais très peu d’études se sont intéressés aux hommes, alors des chercheurs ont décidé de voir si ce phénomène les affectait également.

41% des hommes ont déclaré avoir vécu la DPC

L’étudiant universitaire Joel Maczkowiack et le professeur Robert Schweitzer de l’École de psychologie et de counseling de QUT ont déclaré que même si cette condition avait été reconnue chez les femmes, aucune étude n’avait auparavant identifié ce phénomène chez les hommes. Leur article – Dysphorie post-coitale: prévalence et corrélations chez les hommes – a été publié dans The Journal of Sex & Marital Therapy.

« L’étude a analysé les résultats d’une enquête internationale anonyme en ligne, auprès de 1 208 hommes d’Australie, des États-Unis, du Royaume-Uni, de Russie, de Nouvelle-Zélande et d’Allemagne », a déclaré M. Maczkowiack. «41% des participants ont déclaré avoir vécu la DPC au cours de leur vie, 20% d’entre eux ayant déclaré l’avoir vécu au cours des quatre semaines précédentes et jusqu’à 4% d’entre eux en souffrait régulièrement.

M. Maczkowiack a ajouté que certains des commentaires des hommes qui ont participé et qui ont éprouvé de la tristesse suite à un rapport sexuel, décrivaient leurs expériences allant de «je ne veux pas être touché et je veux être laissé seul» à «je me sens insatisfait, agacé et très agité. Tout ce que je veux vraiment, c’est partir et me distraire de tout ce à quoi j’ai participé « .

Un autre a décrit ce sentiment comme étant «sans émotion et vide», contrairement aux hommes qui ont vécu positivement l’expérience post-coïtale et utilisés des descripteurs tels qu’un «sentiment de bien-être, de satisfaction, de contentement» et une proximité avec leur partenaire ».

Une expérience beaucoup plus complexe qu’on le croyait

Le professeur Schweitzer a déclaré que les résultats indiquaient que l’expérience masculine d’un rapport sexuel, pouvait être beaucoup plus variée et complexe qu’on ne le pensait auparavant. Il a également expliqué que ces résultats pouvoir avoir des implications pour de futures thérapies et une approche plus ouverte sur l’expérience sexuelle masculine. « Les trois premières phases du cycle de la réponse sexuelle humaine – l’excitation, le plateau et l’orgasme – ont été l’objet de la majorité des recherches fait à ce jour », a déclaré le professeur Schweitzer.

« L’expérience de la phase de résolution reste un peu mystérieuse et donc mal comprise. « On croit généralement que les hommes et les femmes éprouvent une gamme d’émotions positives, y compris le contentement et la relaxation immédiatement après l’activité sexuelle consensuelle. « Pourtant, des études antérieures sur l’expérience de la DPC chez les femmes ont montré, qu’une proportion similaire de femmes avait connu la DPC sur une base régulière.

Des facteurs multifactorielles

Comme avec les hommes dans cette nouvelle étude, ce phénomène n’est pas bien compris. Nous supposons que les raisons sont multifactorielles, y compris des facteurs biologiques et psychologiques. » M. Maczkowiack a déclaré que des preuves anecdotiques provenant de milieux cliniques ainsi que des témoignages personnels publiés sur des blogs en ligne, suggéraient que la DPC se produisait chez les hommes et avait le potentiel d’interférer avec les interactions du couple suite à l’activité sexuelle.

« Il a été établi, par exemple, que les couples qui discutaient, s’embrassaient et se câlinaient après une activité sexuelle, rapportaient ressentir une plus grande satisfaction sexuelle et relationnelle, démontrant que la phase de résolution est importante pour le lien et l’intimité ». «Ainsi, l’état affectif négatif qui définit la DPC peut potentiellement causer de la détresse à l’individu et au partenaire, perturber les processus relationnels et contribuer à la détresse et aux conflits dans la relation d’un couple, et avoir un impact sur le fonctionnement sexuel et relationnel.

Des attentes qui ne représentent pas la réalité

Le professeur Schweitzer a ajouté que dans les cultures occidentales en particulier, les hommes faisaient face à une série d’attentes et d’hypothèses concernant leurs préférences, leurs performances et leur expérience de l’activité sexuelle. « Ces hypothèses sont omniprésentes dans la sous-culture masculine et incluent que les hommes désirent et expérimentent toujours le sexe comme étant agréable. L’expérience de la DPC contredit ces hypothèses culturelles concernant l’activité sexuelle de l’expérience des hommes et de la phase de résolution. Les hommes comme les femmes peuvent ressentir ce phénomène. », conclut Schweitzer.

Source : QUT