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Les geckos sont des animaux fascinant, par exemple ils peuvent changer de couleur, certaines espèces sont parthénogénétiques, ce qui signifie que la femelle est capable de se reproduire sans copuler avec un mâle. De plus, les geckos sont ectothermes; produisant très peu de chaleur métabolique. Essentiellement, la température du corps d’un gecko dépend de son environnement.

Environ 60% des espèces de geckos ont des pattes dotées de soies en forme de spatule disposées en lamelles, qui leur permettent d’adhérer à la plupart des surfaces. Une récente étude a démontré que l’adhérence du gecko est en fait principalement déterminée par l’interaction électrostatique. Pour toutes ces raisons des chercheurs se sont intéressés à cet animal, et ce qu’ils ont découvert est encore plus intrigant et intéressant.

Les geckos peuvent créer de nouvelles cellules cérébrales

En effet, des chercheurs de l’Université de Guelph en Ontario, au Canada, ont découvert le type de cellules souches permettant aux geckos de créer de nouvelles cellules cérébrales, ce qui prouve que ces lézards peuvent également régénérer des parties de leur cerveau après une blessure. Cette découverte pourrait aider à remplacer les neurones humains perdus ou endommagés en raison d’une blessure, d’un vieillissement ou d’une maladie.

« Le cerveau est un organe complexe et il y a si peu de bons traitements pour les lésions cérébrales, c’est donc un domaine de recherche très excitant », nous explique le professeur Matthew Vickaryous du Département des sciences biomédicales de l’Ontario Veterinary College (OVC). « Ces résultats indiquent que les cerveaux de gecko renouvellent constamment des cellules du cerveau, quelque chose que les humains sont notoirement mauvais à faire », explique-t-il.

Publié dans Scientific Reports, cette étude est la première à fournir des preuves de la formation de nouveaux neurones – et de la présence de cellules souches – dans le cerveau du gecko léopard. «La plupart des recherches sur la régénération ont porté sur les poissons zèbres ou les salamandres, et nous utilisons des lézards qui sont plus proches des mammifères que des poissons ou des amphibiens», a déclaré Rebecca McDonald, une étudiante à la maîtrise qui a dirigé l’étude.

Les chercheurs ont identifié des cellules souches qui produisent régulièrement de nouvelles cellules cérébrales dans le cortex médial, une zone située à l’avant du cerveau, responsable de la cognition sociale et du comportement. C’est aussi une partie du cerveau du lézard qui a une contrepartie bien étudiée dans le cerveau humain.

Comprendre ce processus

Pour suivre les cellules dans le cerveau des geckos, les chercheurs ont injecté aux lézards une étiquette chimique qui est incorporée dans l’ADN des cellules nouvellement formées. En regardant les cellules étiquetées au fil du temps, les chercheurs ont vu où ils apparaissaient, où ils migraient et quels types de cellules ils devenaient.

McDonald explique qu’elle a été surprise de voir combien de cellules souches le cerveau gecko contient et avec quelle rapidité de nouvelles cellules cérébrales étaient produites. L’année dernière, Vickaryous a publié une étude qui a identifié pour la première fois des cellules dans les geckos qui leur permettent de faire repousser leurs moelles épinières lors de la régénération de leurs queues.

Pourquoi certaines espèces ne peuvent pas remplacer leurs neurones

« La prochaine étape dans ce domaine de recherche est de déterminer pourquoi certaines espèces, comme les geckos, peuvent remplacer les cellules du cerveau alors que d’autres espèces, comme les humains, ne le peuvent pas », a déclaré McDonald.

Entrant dans le programme de médecine vétérinaire d’OVC cette année, elle espère continuer à étudier la cicatrisation des plaies. « Récemment, il y a eu beaucoup de nouvelles informations sur la capacité du cerveau à produire de nouvelles cellules, ce qui a longtemps été considéré comme impossible », a-t-elle expliqué. « C’est certainement un domaine de recherche qui a le potentiel de changer la façon dont nous traitons les lésions cérébrales. »

Source : University of Guelph