mémoire-application-acétylcholine-cognition

Au cours des dernières années, une foule d’applications d’entraînement cérébral sont apparues sur le marché censées faire presque tout; de l’amélioration de la mémoire à l’élimination de la démence liée à l’âge, mais en dehors de rapports anecdotiques, des preuves scientifiques étaient difficiles à trouver.

Une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’Université McGill, en association avec la société commerciale Posit Science a présenté des données fascinantes montrant comment un simple exercice cérébral peut directement augmenter la production d’un produit chimique essentiel à la mémoire et à l’apprentissage.

L’acétylcholine est essentielle au cerveau pour l’apprentissage

L’acétylcholine est un neurotransmetteur connu pour être essentiel au cerveau pour traiter efficacement, les souvenirs et l’apprentissage. Les niveaux d’acétylcholine dans le cerveau diminuent avec l’âge, et on sait que les concentrations sont particulièrement faibles dans le cerveau des patients souffrant de la maladie d’Alzheimer.

Actuellement, un traitement à un stade précoce pour les patients diagnostiqués avec cette maladie consiste à administrer ce qu’on appelle un inhibiteur de la cholinestérase. Ces médicaments empêchent une certaine enzyme de décomposer l’acétylcholine, augmentant par le fait même les taux du composé important dans le cerveau, et ralentissant, l’apparition des déficits cognitifs associés à cette maladie.

Cette nouvelle étude visait à déterminer les effets des exercices d’entraînement cérébral sur les niveaux d’acétylcholine dans le cerveau. L’étude initiale, et certes très petite, a porté sur cinq personnes âgées en bonne santé. Les sujets ont complété environ 12 heures de formation cérébrale pendant six semaines, en utilisant un programme exclusif appelé BrainHQ.

Des améliorations comportementales

L’imagerie cérébrale à l’aide de TEP (tomographie par émission de positrons) a été menée pour suivre les niveaux d’acétylcholine avant et après l’expérience. Les résultats ont été fascinants, avec une régulation positive de l’acétylcholine identifiée dans quatre zones spécifiques du cerveau: le gyrus frontal inférieur droit, le noyau caudé gauche, le cortex préfrontal médian bilatéral et le gyrus lingual gauche / Cuneus. Dans ces régions, des améliorations des niveaux d’acétylcholine comprises entre 16 et 24% ont été identifiées, ainsi que des améliorations comportementales suivies d’attention soutenue.

brain-training-5.png

« C’est la première confirmation chez l’homme que cette stratégie plus organique peut fonctionner, conduisant à des niveaux plus élevés d’acétylcholine même dans un état de repos », explique Michael Merzenich et Kavli Laureate de Posit Science. « Maintenant, nous avons besoin d’effectuer des études plus importantes dans les populations à risque, pré-démence, et en phase de démence avancée. »

brain-training-6.png

Il s’agit indéniablement d’un très petit échantillon, et comme le suggère l’équipe de Posit Science, il reste beaucoup à faire avant de pouvoir en tirer une conclusion claire définitive. Cependant, cela offre des preuves d’un mécanisme neurologique qui est activé par un exercice d’entraînement cérébral. Si ce mécanisme peut retarder activement l’apparition de la démence, ou même réduire ses symptômes, il doit encore être prouvé avec plus de patients.

Déterminer à quel stade du déclin cognitif ces types d’exercices sont les plus utiles

De récentes études plus générales examinant l’efficacité de l’entraînement cérébral par ordinateur, en relation avec le déclin cognitif lié à l’âge ont rapporté une grande variété de résultats. Dans des contextes spécifiques, il a été démontré que certains types d’entraînement cérébral améliorent la cognition chez les adultes plus âgés, mais de nombreux produits commerciaux généraux ne confèrent aucun effet bénéfique. Nous devons également déterminer à quel stade du déclin cognitif d’une personne ces types d’exercices cérébraux sont les plus utiles.


espace
Bien que cette étude en particulier visait à promouvoir un programme d’entraînement cérébral commercial, elle offre néanmoins un aperçu intéressant de la façon dont un mécanisme neurochimique peut être modulé au moyen d’un simple exercice cognitif.

Source : BrainHQ