bactéries-multirésistantes

Un groupe de recherche à Hong Kong a découvert un composé pouvant être utilisé contre les bactéries multirésistantes. Ils ont publié leurs conclusions dans les Actes de l’Académie nationale des sciences.

L’utilisation abusive d’antibiotiques 

L’utilisation sans discernement d’antibiotiques a entraîné l’émergence de bactéries multirésistantes (MDR), dont le Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline (SARM). L’émergence de la résistance de Staphylococcus aureus, qui a des propriétés hyper-virulentes et est capable d’infecter des individus sains, est encore plus préoccupante.

L’Organisation mondiale de la santé a déclaré que la résistance aux antimicrobiens était l’une des plus grandes menaces pour la santé mondiale. Des stratégies thérapeutiques alternatives sont nécessaires de toute urgence pour traiter et contenir la propagation des bactéries MDR.

Un composé qui supprime la virulence

Dans la présente étude, des scientifiques de l’Université de Hong Kong et leurs collaborateurs de l’Université de Colombie-Britannique, au Canada, ont découvert un composé qui supprime simultanément la production de multiples facteurs de la virulence chez le SARM et le CA-SARM. Les chercheurs ont examiné un total de 50 240 molécules structurellement diverses pour identifier les composés qui réduisent la virulence du SARM. Ils ont également utilisé une combinaison d’études de mutation, d’essais enzymatiques et de modélisation moléculaire.

Un composé, que l’équipe a nommé M21, s’est avéré efficace pour supprimer la production de facteurs de virulence multiples, chez le CA-MRSA et le SARM. En outre, la cible moléculaire de M21 a été identifiée comme étant un ClpP – un régulateur majeur de la virulence chez Staphylococcus aureus. La suppression du gène ClpP chez cette bactérie n’a pas beaucoup d’effet sur sa croissance, mais à réduit considérablement la capacité des bactéries à infecter et à nuire à un hôte.

Validé cette découverte

Les chercheurs ont validé leurs découvertes sur des modèles animaux, montrant que les animaux expérimentaux traités avec le M21 étaient protégés contre une souche virulente de CA-MRSA et ont survécu à l’infection. Ce travail fait avancer la notion selon laquelle le MDR peut être arrêté en utilisant de petites molécules pour altérer l’expression génétique de multiples facteurs de la virulence.