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Le français est une langue utilisée sur tous les continents, par environ 274 millions de personnes. Mais il existe des différences, par exemple le français au Québec est très différent du français de France et est constitué de plusieurs néologismes. Mais la question de base est pourquoi cette différence est si marquée au Québec ?

Le joual

Les Québécois parlent une langue qui est souvent appelé joual – qui provient de cheval – les Français de France croient souvent par exemple que le « moé » qui provient de « moi », est une déformation disgracieuse. Mais le roi Louis XIV dit « le Grand » prononçait « le roé c’est moé », donc le joual était la langue de l’aristocratie, une langue réservés aux gens cultivés, parlée partout dans le monde. Donc cette prétendue déformation, n’est pas nouvelle. Le français du Québec a évolué de façon différente pour plusieurs raisons :

  • Les premiers colons étaient isolés de la mère-patrie
  • Les moyens de communication étaient très limités
  • Les changements en France n’ont pas eu d’influences sur ces colons qui étaient isolés
  • Lors de la conquête Anglaise, les colons ont été influencés par la langue anglaise
  • Le niveau d’instruction était très bas, les colons pour survivre devenaient souvent des cultivateurs
  • Les Anglais méprisaient les premiers colons et ne les autorisaient pas à s’instruire
  • L’Église contrôlait les colons et leur disait que cultiver la terre était plus important que l’instruction

Le rapport Durham

Il y a également le rapport Durham de 1839. Après l’échec des Patriotes qui exigeaient plus de liberté pour le peuple de la Nouvelle-France, Lord Durham, ce grand seigneur très cultivé et s’exprimant dans un parfait français, vient faire son tour à Montréal et ailleurs au Canada. Sa mission est d’analyser la situation et de suggérer des solutions à la Couronne britannique. Mais ce qu’il voit de nos ancêtres ne l’impressionne guère.

Sa solution: l’assimilation. La Couronne va l’écouter en unissant le Haut et le Bas-Canada pour minoriser les Canadiens français. Pendant ce temps, en France, il y a eu la Révolution, puis Napoléon. La France change et son accès également. Mais Montréal s’est anglicisée. Tout ce mélange historique amène les colons à préserver leur héritage, dont la « parlure » québécoise que nous appelons joual.

Nina Catach

Nina Catach avait bien compris ce qui c’était passé au Québec et en France. Par exemple la filosofi devint la philosophie, et Fantôme aurait pu devenir phantôme, pour la même raison que les Anglais écrivent phantom dans leur langue. Le français a donc été retirer aux essayistes pour être transformé entre les mains des Immortels. Jetez un œil aux écrits de Voltaire dans leurs éditions originales pour vérifier sa témérité qu’il emploie avec l’orthographe, et vous constaterez que les étudiants qui écrivent au son n’ont rien inventé. Le joual, en fait, c’est comme du français à l’indienne. D’où Twa-Yivières pour Trois-Rivières (une ville du Québec).

Un exemple

Voici un exemple d’un dialogue d’un enfant avec sa mère, qui lui explique que « sacré » c’est n’est pas beau. C’est un exemple poussé à l’extrême, mais qui se rencontre dans certaines familles pauvres et peu éduquées au Québec :

-Martin! Fo pa dyre moé! I’ fo dyre moi!

-Pou’koi que j’dirèt pas moé criss?

-Pa’ce ke cé pas beau!

-Pou’quoi c’est pas beau, sacrâment?

-Pa’ce qu’lan séniante veut pas!

-Qu’A mange d’la marde tabârnake!

-Pis i’ fo pas sacrer oussi!

-Calice! Tabarnak! Ciboire!

-Araitte Martin! C’est pas beau!

-M’en fous criss, moé j’aime ça Hostie de tabârnake !

Tous ces « sacres » venaient de l’Église qui dominait la vie des premiers colons. Ils avaient une telle aversion de sa domination, qu’ils ont utilisé des mots venant de l’Église; d’où cette panoplie de mots vulgaires, alors qu’en France, ce sont plutôt des mots ayant un lien avec le sexe, qui sont utilisés, comme : putain, salope, con, bordel, couillon, aller se faire mettre, bite, archifoutre, une chatte, avoir les yeux en trou de bite, branle-couille, se branler, couille molle, être couillu, fils de pute, et plusieurs autres.

Les Cyniques

Voici un exemple d’une chanson vulgaire chanté par les Cyniques, qui fut un groupe humoristique au début des années 1970, qui contribua à l’émancipation du peuple québécois, qui avait honte de leur langue de la rue :

Pour terminer voici un poème de Jehan Rictus, qui fut un poète français, célèbre pour ses œuvres composées dans la langue du peuple du Paris de son époque:

L’Hiver :

Merd’ ! V’là l’Hiver et ses dur’tés,
V’là l’moment de n’pus s’mett’ à poils :
V’là qu’ceuss’ qui tienn’t la queu’ d’la poële
Dans l’Midi vont s’carapater !

V’là l’temps ousque jusqu’en Hanovre
Et d’Gibraltar au cap Gris-Nez,
Les Borgeois, l’soir, vont plaind’ les Pauvres
Au coin du feu… après dîner !

Et qu’on m’tue ou qu’j’aille en prison,
J’m’en fous, je n’connais pus d’contraintes :
J’suis l’Homme Modern’, qui pousse sa plainte
Et vous savez ben qu’j’ai raison !

Le Printemps :

Bon, v’là l’Printemps ! Ah ! salop’rie,
V’là l’monde enquier qu’est aux z’abois
Et v’là t’y pas c’te putain d’Vie
Qu’a se r’nouvelle encore eun’fois !

La Natur’ s’achète eun’ jeunesse,
A s’ déguise en vert et en bleu,
A fait sa poire et sa princesse,
A m’fait tarter, moi, qui m’fais vieux.

Donc au final, le québécois est bien du français, mais avec des régionalismes, des néologisme et un accent du vieux français. Nous pourrions pousser plus loin notre analyse, car l’Histoire du Québec est complexe et fascinante. mais je crois que l’essentiel a été résumé dans cet article. Pour découvrir plus en profondeur ce pays dont l’Histoire est riche en faits marquants. voici un court documentaire sur le Québec :

Je tiens à remercier Gaétan Bouchard pour sa contribution à l’élaboration de cet article. Son blog m’a permis de construire un texte plus pertinent et plus complet.

Source : Blog Simplement

crédit dessin : Louise Plantin