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Lorsque les astronautes d’Apollo sont revenus de la lune dans les années 1970, ils ont laissé deux paires de sondes de température à la surface. Les capteurs mesuraient la facilité avec laquelle le sol émettait de la chaleur, dans l’espoir d’apprendre la quantité de chaleur radioactive produite par la lune et des détails sur son activité géologique.

Expliquer d’où provient la chaleur lunaire

Les sondes de flux de chaleur lunaires à propulsion nucléaire ont retransmis des données sur Terre, où elles ont été stockées sur des bandes magnétiques jusqu’en 1977. Mais le chercheur principal des expériences, Marcus Langseth, les a étudié jusqu’en décembre 1974. On pensait que les bandes restantes étaient perdues, ou qu’on avait omis de documenter leur emplacement. Mais au cours de la dernière décennie, un effort de recherche d’informations dans les greniers, les garages et les installations gouvernementales a permis de récupérer une poignée de ces cassettes manquantes.

Le rapport de Langseth sur les données originales a révélé que la chaleur descendait de la surface de la lune, plutôt que du cœur, comme on pouvait s’y attendre. Plusieurs théories ont émergé pour expliquer ce phénomène: la présence des astronautes avait en quelque sorte réchauffé la surface de la Lune; que les instruments eux-mêmes avaient produit un excès de chaleur; que la lune traversait un cycle de réchauffement à long terme; des changements dans l’orbite de la Lune ou à un excès de rayonnement provenant de la Terre. L’incertitude a empêché les scientifiques de faire confiance aux résultats de ces expériences durant de longues années.

ltraces-laissées-par les astronautesTraces laissées par les astronautes sur la Lune

Des perturbations provoquées par les astronautes

Mais les cassettes récemment récupérées révélèrent que la chaleur s’était propagée de la surface lunaire au fond des forages, excluant toute explication, à l’exception des perturbations de surface provoquées par les astronautes. En explorant la lune, leurs empreintes et les traces du rover ont compressé et assombri la surface. «C’est l’absorption de la lumière du soleil où les astronautes se promenaient qui a rendu la lune plus chaude dans ces endroits où ils se sont posés», explique le coauteur de l’étude, Walter Kiefer, de l’Institut lunaire et planétaire de Houston. Les résultats ont été publiés en mai dans le Journal of Geophysical Research: Planets.

Ces résultats suggèrent que les mesures prises au début des expériences – lorsque la chaleur était encore proche de la surface – étaient les plus fiables, rendant les données originales correctes. « Nous savons maintenant que nous pouvons faire confiance à ces mesures d’une manière dont nous n’étions pas certains il y a quelques années », a déclaré Kiefer.

De plus, ces résultats démontrent qu’il est presque impossible de déployer des astronautes ou des instruments sur la Lune sans perturber son environnement; une information qui pourrait être utile pour de futures missions lunaires.

Source : Scientific American
Crédit photo : NASA