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Si comme moi vous en avez un peu marre de la domination de Google, vous serez peut-être heureux de savoir que d’ici peu, internet ne sera plus jamais le même. En effet, préparez-vous à un internet avec des règles chinoises en dehors de la Chine, prévient l’ancien PDG de Google, Eric Schmidt, selon ZDnet

Un internet chinois arrive

Eric Schmidt, l’ancien président de Google et directeur d’Alphabet, estime que les projets d’infrastructure de plusieurs milliards de dollars pourraient très bien entraîner la division d’Internet.

À la question de savoir si le monde verrait une nouvelle balkanisation d’internet au cours de la prochaine décennie, M. Schmidt a déclaré qu’il était plus probable qu’il se divise en deux. Un internet sera dominé par la Chine et l’autre sera dirigé par les États-Unis, a-t-il déclaré, selon CNBC.

« Le scénario le plus probable à l’heure actuelle n’est pas une fragmentation, mais plutôt une bifurcation dans un internet dirigé par la Chine et un internet non chinois dirigé par l’Amérique », a-t-il déclaré.

Le projet « Belt and Road infrastructure » 

Schmidt, qui a récemment visité la Chine, a été sidéré par le paysage technologique du pays, mais a averti que le gouvernement chinois pourrait prendre le contrôle d’internet à travers des contrats tels que le gigantesque projet d’infrastructure de la « Belt and Road infrastructure » – qui consiste à qui relier 70 pays d’Asie, d’Europe et d’Afrique.

Mais en janvier 2018 ce projet a pris de l’ampleur, 71 pays (dont la Chine) participaient au projet. Cela incluait l’Inde, le Pakistan, la Pologne, la Turquie, la Nouvelle-Zélande et la Russie. Au total, ces 71 pays représentaient un tiers du PIB mondial.

« Si vous pensez à la Chine comme « oh oui, ils sont bons avec internet », vous faites erreur. La mondialisation signifie qu’ils peuvent également devenir des joueurs importants », a déclaré Schmidt.

« Vous allez voir un leadership fantastique dans les produits et services offerts par la Chine. Il existe un réel danger qu’avec ces produits et services, une censure les contrôles.

Une perte de liberté

« Il est tout à fait possible que les pays de la BRI commencent à se doter de l’infrastructure dont la Chine dispose avec une perte de liberté. »

Les commentaires de Schmidt à propos d’un internet contrôlé par la Chine se déroulent dans le cadre d’un débat interne chez Google concernant sa nouvelle entrée en Chine avec une version censurée de son moteur de recherche baptisé Dragonfly.

Cela fait également suite à une récente interdiction par les États-Unis des employés du gouvernement d’acheter des technologies auprès de sociétés chinoises spécialisées dans la technologie, comme Huawei et ZTE.

Google s’est retiré de la Chine en 2010 en opposition à ses règles de censure après avoir révélé avoir été piraté par le gouvernement.

Environ un millier d’employés ont signé une lettre contre le retour de Google sur le marché chinois de la recherche et de la publicité en ligne.

Une forme de concurrence ?

Évidemment je ne suis pas naïf et je sais que la présence de la Chine ne sera pas particulièrement bénéfique pour le Web, mais peut-être que cela permettra d’offrir une forme de concurrence qui fait actuellement grandement défaut. Google domine internet de façon inquiétante.

Il peut changer son algorithme du jour au lendemain, sans se soucier de l’impact que cela peut avoir sur un site internet. J’ai discuté avec plusieurs webmasters, et certains ont été choqué de constater une chute brutale de leurs visiteurs le lendemain d’un changement de l’algorithme.

Il y a également le fait que Google impose des règles sans se soucier ici aussi de l’impact que cela peut avoir sur un site internet. Je vous donne un exemple. Hier, dans ma boîte de courrier électronique, j’ai reçu un message de Google m’avertissant que j’utilisais son réseau Google Plus en diffusant mes articles de façon inappropriée, et que selon lui, c’était du spam.

Ce qui est étrange c’est que lorsque je m’occupais d’un autre blog sur la photo, et qui était le deuxième plus visité en France, je diffusais également mes articles sur Google Plus et je n’ai jamais reçu cet avertissement durant les 4 années durant lesquelles j’avais ce blog. Alors soit je ne comprends pas la façon dont fonctionne Google Plus, soit Google a modifié ses règles sans avertissement – ce qui ne serait pas la première fois.

Google ne fait pas l’unanimité auprès de nombreux webmasters.

Alors la Chine qui deviendra fort probablement un compétiteur féroce, ce pays pourrait au moins offrir une alternative à la domination de Google sur le Web. Comme je l’ai mentionné, je sais très bien que cette forme d’internet serait censurée et contrôlée par le gouvernement chinois, mais nous aurions une sorte de concurrence qui peut-être obligerait Google à revoir ses politiques et règles, qui ne font pas l’unanimité auprès de nombreux webmasters.

C’est une affaire qu’il faudra suivre attentivement dans les années à venir, car internet ne sera plus jamais le même si la Chine met en marche son projet de créer un internet qui regrouperait 71 pays, lesquels représentent en ce moment environ 3 milliards de clients potentiels.

Google, étant une entreprise américaine, ne pourrait rien faire pour contrer la Chine est ses partenaires, car comme l’a mentionné Schmidt, il a été sidéré par le paysage technologique de ce pays, et vous pouvez compter sur la volonté du gouvernement chinois de concrétiser son projet de créer un internet chinois.