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La variole, une maladie causée par un poxvirus, a fait trembler le monde pendant des siècles. Les premiers symptômes de la maladie comprenaient de la fièvre similaire à une grippe, puis des vomissements survenaient, suivit de l’apparition de pustules cutanée, et environ 30% des gens en mouraient. Mais Edward Jenner découvrit en 1798 que la vaccination pouvait prévenir la variole. En 1967, l’Organisation mondiale de la santé a intensifié ses efforts pour éliminer cette maladie.

La variole pourrait revenir nous hanter

Les origines de la variole sont inconnues. Les plus anciennes preuves de cette maladie remontent au 3ème siècle avant JC chez des momies égyptiennes. La maladie s’est historiquement produite lors d’épidémies.

On estime qu’en Europe, au XVIIIe siècle, 400 000 personnes par an mouraient des suites de la maladie et qu’un tiers des cas aboutissait à la cécité. Au 20ème siècle, on a estimé que la variole avait provoqué entre 300 et 500 millions de décès. L’éradication mondiale de la variole a été certifiée le 9 décembre 1979. Mais certains scientifiques craignent que ce virus soit « réactivé synthétiquement ».

Reconstituer un virus

Plus tôt cette année, des scientifiques ont publié un article décrivant comment ils ont reconstitué des segments d’ADN afin de ramener un virus précédemment éradiqué, appelé varicelle. Le document, rédigé par deux chercheurs de l’Université de l’Alberta et le cofondateur d’une société pharmaceutique new-yorkaise, a suscité la controverse, car, comme plusieurs experts l’ont déclaré au magazine Science, une personne pourrait utiliser un processus très similaire pour ramener la variole.

Cet article a été rejeté par deux revues avant sa publication par PLOS One, une revue en libre d’accès évaluée par des pairs. Les critiques soutiennent que le document démontre non seulement que vous pouvez synthétiser un agent pathogène mortel pour seulement 100 000 $, mais ce document fournit également un aperçu un peu trop détaillé sur la façon de procéder.

Les microbiologistes s’inquiètent

Certains des scientifiques sont encore très perplexe à ce sujet. Le journal soeur de PLOS One, PLOS Pathogens, vient de publier trois articles d’opinion sur l’ensemble de ce volet, ainsi qu’une réfutation par les professeurs canadiens. Dans l’ensemble, tout le monde est plutôt poli. Mais vous avez l’impression que les microbiologistes s’inquiètent vraiment de voir une personne raviver la variole. Le biochimiste du MIT, Kevin Esvelt, par exemple, estime que la menace est si grave, que nous ne devrions même pas en parler.