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Les agences spatiales européenne et japonaise ont lancé leur première mission d’exploration vers Mercure, mais maintenant les ingénieurs et les admirateurs de la mission doivent endurer une attente de sept ans avant que la sonde atteigne la planète, et commence sérieusement à analyser Mercure.

Mais pourquoi est-ce si long ?

La mission BepiColombo a un temps de croisière aussi long car il est en fait très difficile de réussir à orbiter avec succès autour de notre plus petite planète. C’est tellement difficile qu’il a fallu attendre jusqu’en 1985 pour qu’un ingénieur trouve le moyen de faire en sorte que les trajectoires orbitales fonctionnent correctement.
De plus le problème se pose parce que Mercure est si petite et si proche du Soleil avec une rapidité incroyable, et qu’un vaisseau spatial qui espère visiter la planète la plus profonde du système solaire doit voyager très rapidement afin de rattraper ce monde. Mais il y a un gros problème: la gravité du soleil tirera le vaisseau spatial si fortement vers l’étoile qu’un engin comme BepiColombo doit freiner tout au long de sa croisière pour ne pas dériver.
Afin de relever ce double défi, les pilotes de BepiColombo ont soigneusement mis au point une combinaison d’énergie solaire, de propulsion ionique (l’unique façon de produire une décélération) et de survols planétaires, qui travailleront ensemble pour diriger le vaisseau spatial à travers ce parcours céleste. Au total, l’engin spatial dépensera plus d’énergie qu’il ne le ferait pour atteindre Pluton, qui se trouve très loin du système solaire. Mais ces survols planétaires porteront le temps de croisière de BepiColombo à un peu plus de sept ans.

Une série de survols 

La série de survols de la mission – l’une de la Terre en avril 2020, deux de Vénus en 2020 et 2021 et six de Mercure entre 2021 et 2025 – modifiera légèrement l’orbite de l’engin spatial pour le rapprocher de plus en plus de sa cible. Ces survols permettront également aux ingénieurs de s’assurer que bon nombre des instruments à bord de BepiColombo fonctionnent correctement, car plus de la moitié d’entre eux sera allumé.

Ensuite, en décembre 2025, BepiColombo se mettra en orbite autour de Mercure. Une fois que la sonde aura fait cela, elle se séparera en deux engins spatiaux scientifiques qui sont actuellement réunis: le Mercury Planetary Orbiter (MPO) et le Mercury Magnetospheric Orbiter (MMO). Ces deux engins spatiaux voleront sur des orbites complémentaires, le MPO faisant le tour de la planète toutes les 2,3 heures et le MMO toutes les 9,3 heures.

Les instruments collecteront de nombreuses données

Si tout se passe comme prévu par les scientifiques, ces survols permettront également aux instruments scientifiques qui composent BepiColombo de rassembler de nombreuses données sur la minuscule et étrange planète Mercure ainsi que sur le fonctionnement de notre système solaire, et tout cela prendra du temps. Donc les ingénieurs devront être patients, mais au final ils seront récompensés par des tonnes de données venant de la sonde spatiale.
Source : Space