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Il n’y a rien de plus beau qu’un orignal dans un étang grignotant un potamot. Mais la vraie magie se passe sous l’eau. En rejetant ses excréments et son urine, ce cerf géant aide à garder son habitat en plein essor, ont découvert les écologistes des animaux.

Sauver l’écosystème par les excréments

Dans les régions septentrionales et tempérées où l’orignal habite, il n’y a pas suffisamment d’azote pour alimenter la croissance des plantes. Ces dernières tirent ce nutriment essentiel du sol et de l’air, et les animaux dépendent de leur approvisionnement pour satisfaire leurs propres besoins en azote.

En regardant un orignal plonger sous l’eau et en ressortant couvert de boue et de substance verte (voir la vidéo), des chercheurs du Minnesota se demandaient en quoi cette activité pouvait affecter la disponibilité des éléments nutritifs. Au cours de ses 45 minutes de repas, un orignal peut perturber 100 mètres carrés du fond d’un lac. La recherche de plantes sous-marines a permis de presque triplé la quantité d’azote dans l’eau, où de minuscules organismes avaient trouvé refuge, a rapporté l’équipe en 2017.

78 grammes d’azote par la miction ou la défécation

Maintenant, ces chercheurs ont découvert que l’orignal amenait d’importantes quantités d’azote sur la terre ferme. Ils ont étudié des orignaux du nord-est du Minnesota, dont la population d’orignaux a diminué, et de l’Isle Royale, dans le lac Supérieur. Aux deux endroits, l’orignal se nourrit de plantes aquatiques particulièrement riches en azote. Chaque orignal transmet environ 78 grammes d’azote par la miction ou la défécation à chaque jour.

C’est l’équivalent de deux sacs d’engrais de 20 kilogrammes par an, rapportent les scientifiques aujourd’hui dans le journal Philosophical Transactions de la Royal Society.

Les orignaux ne sont pas les seuls animaux à transporter des nutriments de l’eau à la terre. Les hippopotames aident également à inverser le processus de lixiviation des nutriments de la savane africaine. Mais compte tenu de la hausse rapide des températures dans le Minnesota et du fait que les orignaux ont déjà disparu d’une autre partie de l’État, probablement à cause du stress thermique, on s’inquiète des conséquences de la perte de ces bêtes sur ces écosystèmes.

Des animaux irremplaçables

Les cerfs peuvent se déplacer vers le nord pour «remplacer» les orignaux, mais comme ils ne mangent pas vraiment de plantes aquatiques, ils ne remplaceront probablement pas la fonction essentielle de l’orignal qui consiste à transporter les éléments nutritifs, notent les chercheurs. Ce genre de découverte nous permet de comprendre que nous sommes dépendants de l’écosystème qui régit notre planète et que nous devons tout faire pour le protéger.

Crédit photo : Thomas Lefebvre
Source : Science