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Une nouvelle recherche a montré qu’un cocktail de médicaments doublait presque la durée de vie d’un ver microscopique, la plus grande prolongation de la durée de vie induite par un médicament chez l’animal. Cette étude suggère qu’une intervention pharmacologique pourrait nous aider à vivre plus longtemps.

Un cocktail de médicaments pour prolonger la durée de vie

Cette nouvelle recherche s’est concentrée sur la prolongation de la durée de vie d’un ver microscopique appelé Caenorhabditis elegans (C. elegans). Ce ver est souvent utilisé dans les études du vieillissement en raison de sa simplicité biologique qui permet aux chercheurs d’examiner clairement et rapidement les effets de toute intervention génétique ou médicamenteuse.

Ces travaux de recherche visaient d’abord à établir diverses voies biologiques anti-vieillissement déjà identifiées, parallèlement à des médicaments déjà approuvés qui prolongeaient la durée de vie des animaux dans d’autres expériences. L’objectif était d’expérimenter différentes combinaisons de médicaments afin d’identifier le cocktail le plus prometteur pour prolonger la vie, afin de transférer éventuellement ces résultats pour des tests sur des humains. Les médicaments examinés étaient des composés déjà approuvés pour un usage humain ou déjà reconnus comme sûrs pour les mammifères.

Cinq médicaments ont finalement été inclus dans les expériences, notamment un antibiotique appelé rifampicine, un agent immunosuppresseur appelé rapamycine et la metformine, un médicament couramment utilisé pour traiter le diabète de type 2. Après des tests approfondis, les chercheurs ont découvert un nouveau triple cocktail de rapamycine, de rifampicine et d’allantoïne qui offrait les meilleurs effets sur la prolongation de la vie.

Ce cocktail ne provoquait aucun effet indésirable

Ce cocktail de médicaments a permis de presque doublé la durée de vie moyenne de C. elegans, un résultat qui est notamment la plus grande prolongation de la durée de vie jamais enregistrée utilisant une intervention médicamenteuse chez les animaux. De plus, ce cocktail ne provoquait aucun effet indésirable sur la santé du ver.

Les chercheurs ont confirmé l’efficacité de cette triple association dans des expériences avec des mouches à fruits, révélant à nouveau une prolongation significative de la durée de vie dû au traitement. On a émis l’hypothèse suivante: étant donné que des effets similaires ont été observés chez des organismes aussi distincts, il est raisonnable de conclure à une certaine universalité des voies de vieillissement biologiques sur lesquelles agirait ce cocktail de médicaments. Cela signifie qu’il est beaucoup plus probable que des résultats similaires puissent être observés chez l’homme.

Des avantages médicaux et économiques

« Si nous pouvons trouver un moyen de prolonger la durée de vie tout en étant en bonne santé, nous pourrions contrer les effets néfastes du vieillissement en procurant aux pays non seulement des avantages médicaux et économiques, mais également une meilleure qualité de vie pour leurs populations », a déclaré le chercheur principal de l’étude, Jan Gruber.

Il note également que cette recherche en est encore au stade de la validation de principe, ce qui signifie qu’il s’agit moins de définir des cibles de médicaments anti-vieillissement spécifiques, mais davantage de démontrer comment le ciblage simultané de plusieurs voies du vieillissement avec une variété de médicaments pourrait effectivement prolonger la durée de vie d’un animal.

Mieux comprendre les différentes combinaisons

Maintenant que les chercheurs ont démontré que cela pouvait être fait, les prochaines étapes de l’étude consisteront à mieux comprendre comment les différentes combinaisons de médicaments interagissent les unes avec les autres pour retarder le vieillissement. Des modèles informatiques sont prévus pour permettre de tester rapidement des milliers de combinaisons moléculaires afin de mettre au point une intervention médicamenteuse la plus efficace pour finalement être testée chez l’homme.

Cette recherche a été publiée dans le journal Developmental Cell.

Source : Yale-NUS College