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Des chercheurs de l’Université McMaster ont découvert une nouvelle façon dont les bactéries se dissimulent du système immunitaire humain et favorisent l’infection. En comparant deux souches de Salmonella – une bactérie qui cause des maladies chez les humains et l’autre chez les reptiles – les chercheurs ont découvert une façon cachée que les bactéries utilisent pour contourner le système immunitaire pour qu’il ne s’attaque pas à elles.

Un façon de se cacher du système immunitaire

” Le système immunitaire est très efficace, mais si les bactéries trouvent des moyens de le contourner, la réponse immunitaire devient alors inefficace », a déclaré Brian Coombes, professeur au Département de biochimie et des Sciences biomédicales de L’Université McMaster et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en pathogenèse des maladies infectieuses.

Son équipe de recherche a comparé Salmonella Typhimurium, qui provoque des maladies chez les mammifères, et Salmonella bongori, qui est associée principalement aux animaux à sang froid, en particulier les reptiles. Bien que les deux bactéries partagent la majorité de leurs quelque 4 000 gènes, l’accent a été mis sur la façon dont ces gènes étaient contrôlés différemment dans les variantes humaines.

” Ce que nous avons découvert, c’est que Salmonella Typhimurium a un mécanisme relié à son génome qui bloque l’expression de flagelles une fois qu’elle entre en contact avec une cellule hôte », a déclaré M. Coombes, qui fait partie de L’Institut de recherche sur les maladies infectieuses de L’Université McMaster.

Les flagelles

“Les flagelles sont ce que les bactéries ont à leur surface, et qui leur permettent d’être mobile et de se déplacer vers de nouveaux lieux dans le corps. Cependant, le problème pour les bactéries avec ces flagelles est que le système immunitaire identifie leur présence et réagit comme s’ils étaient des envahisseurs étrangers.”

Les chercheurs ont été surpris de découvrir qu’une fois que la bactérie avait envahi une cellule hôte, elle avait rapidement supprimée ses flagelles, ce qui la rendait difficile à détection pour le système immunitaire.

“Si vous êtes des bactéries qui expriment beaucoup de flagelles, c’est comme porter une lumière au néon autour de votre cou pour alerter le système immunitaire de votre présence”, a déclaré Coombes. « Sans cette alerte, il est beaucoup plus difficile pour l’hôte de contenir la propagation de la bactérie à plusieurs cellules.”

Des bactéries difficiles à traiter

Salmonella Typhimurium est une bactérie pathogène que l’on trouve surtout dans l’intestin. Le Labo de Coombes se concentre sur les bactéries pour une bonne raison :

Alors que les gens peuvent avoir éprouvé des problèmes gastro-intestinaux en raison de la salmonelle, ces bactéries peuvent être résistantes aux médicaments et, dans certains cas, deviennent difficiles à traiter. L’une des choses les plus inquiétantes que nous voyons est les souches de Salmonella Typhimurium qui peuvent causer des infections invasives qui se propagent dans tout le corps. – Brian Coombes.

Le laboratoire Coombes s’appuie sur ces résultats pour trouver de nouvelles façons de renforcer le système immunitaire. Coombes a fait remarquer que la compréhension de la façon dont les bactéries deviennent nocives aide la recherche de l’Université McMaster à se pencher sur la crise imminente de la résistance aux antibiotiques qui semble vouloir se répandre dans plusieurs pays dans le monde.

Une recherche importante pour stimuler le système immunitaire

“Cette recherche est importante parce qu’elle montre de nouvelles cibles pour la découverte de médicaments,” explique-t-il. “Si nous parvenons à comprendre le mécanisme par lequel la salmonelle bloque ses flagelles, et si nous parvenons à trouver un moyen d’inverser cette tendance, nous pourrons stimuler le système immunitaire. Le système immunitaire va faire ce qu’il est naturellement évolué à faire; qui est de détecter la présence de la bactérie et de la tuer.”

Coombes remercie ses étudiants diplômés en biochimie et les boursiers postdoctoraux de leur importante contribution à cette percée. “Nous ne découvrons rien sans nos étudiants et nos postdoctorants”, a-t-il déclaré. “Ils sont les futurs leaders dans la lutte contre la résistance aux antibiotiques.”

Les résultats de cette recherche ont été publiés le 23 octobre dans la revue Cell Reports.

Le financement de cette recherche provient des instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) et du Boris Family Fund for Health Research Excellence.

Source : McMaster University