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Un vieil adage nous dit que parfois la solution la plus simple est la meilleure. Cela semble être vrai dans le cas de la bryophyte (ou de la mousse). Celui-ci réagit rapidement aux polluants atmosphériques, en particulier au dioxyde de soufre, ce qui en fait un excellent détecteur de la pollution en temps réel.

La mousse pour détecter la pollution

La bryophyte, l’un des plus anciens organisme du monde végétal, est étonnamment en harmonie avec l’atmosphère qui l’entoure. Dans une étude publiée par la revue Analytical Chemistry d’ACS, des scientifiques ont indiqué avoir découvert un moyen simple et peu coûteux de détecter les polluants atmosphériques, en particulier le dioxyde de soufre, et ce en temps réel, en se basant sur de subtils changements des feuilles de la bryophyta.

Cette découverte pourrait rapidement alerter les autorités des altérations potentiellement dangereuses de la qualité de l’air à l’aide d’un capteur végétal naturel et durable.

Les plantes ont développé la capacité de détecter la lumière, le toucher, la gravité et les produits chimiques dans l’air et le sol, leur permettant de s’adapter et de survivre dans des environnements en constante mutation. Ainsi, des plantes ont été utilisées dans des études pour évaluer les dommages à long terme causés par la pollution atmosphérique accumulée dans le monde.

Cependant, ce type d’étude nécessite du personnel qualifié et une instrumentation coûteuse. Xingcai Qin, Nongjian Tao et leurs collègues souhaitaient développer un moyen plus simple d’utiliser la mousse, un indicateur particulièrement utile de la pollution par le dioxyde de soufre, comme capteur rapide en temps réel.

Elle avait changé de couleur 

Les chercheurs ont rassemblé de la mousse sauvage et l’ont exposée à différentes concentrations de dioxyde de soufre dans une chambre pour vérifier ses réactions. En utilisant une webcam très sensible et peu coûteuse, l’équipe de recherche a découvert que les feuilles de mousse exposées au dioxyde de soufre avaient légèrement reculé ou courbé et avaient changé de couleur passant du vert au jaune.

Certains de ces changements, analysés avec un algorithme d’imagerie, ont commencé dans les 10 secondes suivant l’exposition au polluant. Cependant, une fois que le dioxyde de soufre a été retiré de la chambre, les feuilles de mousse ont progressivement récupéré leur forme d’origine.

De bons détecteurs

Ce résultat suggère que la bryophyte (mousse), contrairement aux capteurs colorimétriques traditionnels, peut régénérer sa capacité de détecter de produits chimiques. Les chercheurs concluent que la combinaison de webcams ou de petits drones, avec de la mousse ou d’autres capteurs à base de plantes pourrait permettre une surveillance moins coûteuse, plus rapide et plus précise du dioxyde de soufre et d’autres polluants dans de vastes régions.

Cette découverte serait par exemple très utile dans les pays en développement où le manque d’argent est souvent un obstacle pour placer des détecteurs de pollution dans les grandes villes, comme en Inde ou Chine, où la pollution peut parfois envahir l’atmosphère et rendre l’air quasi irrespirable pour les habitants.

Source : American Chemical Society