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Les causes de la fibromyalgie – un syndrome douloureux difficile à traiter – sont en grande partie inconnues. En utilisant l’imagerie cérébrale par TEP, des chercheurs du Karolinska Institutet et du Massachusetts General Hospital ont maintenant démontré que les cellules gliales – des cellules immunitaires du système nerveux central – sont activées dans le cerveau de patients atteints de fibromyalgie.

Les causes de la fibromyalgie étaient inconnues

Cette découverte a été publiée dans la revue scientifique Brain, Behavior, and Immunity et pourrait ouvrir la voie à de nouvelles thérapies.

La fibromyalgie est un syndrome douloureux chronique qui provoque une douleur intense dans les muscles et les articulations, une fatigue intense, une insomnie et des difficultés cognitives. La sensibilité à la douleur plus élevée qui caractérise ce syndrome a été liée aux altérations fonctionnelles et structurelles des régions du cerveau associées au traitement de la douleur.

En 2012, le groupe de recherche d’Eva Kosek du Karolinska Institutet a démontré que les patients atteints de fibromyalgie présentaient des taux élevés de certaines substances inflammatoires (cytokines) dans le liquide céphalo-rachidien, suggérant une inflammation du système nerveux central. Leurs découvertes ont ensuite été corroborées par d’autres chercheurs, mais la source de l’inflammation restait inconnue.

Les cellules gliales sont activées

En utilisant l’imagerie cérébrale moderne en PET (topographie à émission de positrons), l’équipe d’Eva Kosek a pu démontrer que les cellules immunitaires du système nerveux central, appelées cellules gliales, sont activées et provoquent ainsi une inflammation du cerveau.

« Pour autant que nous le sachions, c’est la première fois qu’il est démontré que les cellules gliales sont impliquées dans la pathogenèse de la fibromyalgie », a déclaré la professeure Eva Kosek du département de neuroscience clinique du Karolinska Institutet.

Ces résultats démontrent que chez les patients atteints de la fibromyalgie, les cellules gliales sont activées dans de grandes parties du cortex cérébral, et que le degré d’activation était lié au degré de fatigue; des symptômes rapportés par les patients.

Aberrations objectives dans le cerveau

«Ces résultats pourraient ouvrir la voie à la mise au point de thérapies totalement nouvelles pour cette maladie difficile à traiter», explique le professeur Kosek. « Le fait que la recherche scientifique puisse démontrer des aberrations objectives dans le cerveau des personnes atteintes de fibromyalgie atténuera, espérons-le, la suspicion avec laquelle les patients sont souvent traités par les services de santé et la société. »

On estime aujourd’hui à 520 000 le nombre de Canadiens, surtout des femmes, atteints de fibromyalgie et 2 millions en France. On sait que le cerveau des personnes atteintes présente une capacité réduite à atténuer les signaux de douleur, ce qui signifie que les choses normalement indolores causent une gêne considérable.

Cette étude est le fruit d’une collaboration entre le groupe de recherche Eva Kosek du Karolinska Institutet en Suède, le PET Centre du Karolinska Institutet et le groupe de recherche du Dr Marco Loggia du Centre Martinos pour l’imagerie biomédicale du Massachusetts General Hospital, aux États-Unis.

La recherche en Suède a été financée par plusieurs sources, y compris le septième programme-cadre et programme de l’UE et un don de la famille Lundblad. La partie suédoise du projet a également été financée par le conseil du comté de Stockholm, le conseil suédois de la recherche, l’association suédoise du rhumatisme et l’association suédoise de la fibromyalgie.

Source : Karolinska Institutet