8
Imaginez un aéroport où des milliers d’avions vides de carburant sont abandonnés sur le tarmac. C’est ce qui se produit depuis des décennies avec les satellites autour de la Terre. Lorsque les satellites sont à court de carburant, ils ne peuvent plus maintenir leur orbite, les rendant inutiles même si leur matériel est toujours fonctionnel.

Une industrie de réparation des satellites

« C’est littéralement jeter des centaines de millions de dollars aux déchets », a déclaré ce mois-ci Al Tadros, vice-président de l’infrastructure spatiale et de l’espace civil d’une société appelée SSL, lors d’une réunion dans la capitale américaine des acteurs-clés dans le domaine émergent de l’entretien des engins en orbite.
Ces dernières années, de nouvelles entreprises aérospatiales ont été créées pour essayer de prolonger la durée de vie des satellites, en partant du principe que de nombreux clients trouveraient cela plus rentable que d’en relancer de nouveaux.
En 2021, son entreprise lancera un véhicule dans le cadre de son programme Robotique d’entretien des Satellites Géosynchrones (RSGS) – permettant d’assurer l’entretien de deux à trois douzaines de satellites sur une orbite géostationnaire à quelque 36 000 kilomètres de la Terre, où il y a environ 500 satellites opérationnels – la plupart en télécommunications.

Un camion d’entretien dans l’espace

Ce vaisseau spatial sans pilote pourra se fixer sur un satellite pour l’inspecter, le ravitailler, et peut-être même le réparer ou en changer les composants, et le remettre sur la bonne orbite. Tadros le décrit comme  » l’équivalent d’un camion d’entretien en orbite géostationnaire. C’est financièrement une très grande opportunité, » ajoute-t-il.
Le géant des télécommunications Intelsat, qui exploite 50 satellites géostationnaires, a choisi une option différente et a signé un contrat avec Space Logistics, une filiale de Northrop Grumman, pour son MEV, un « système très simple » le vice-président Ken Lee a déclaré à l’AFP c’est un peu comme une « dépanneuse. »
Lors de son lancement en 2019, l’engin spatial se fixera à un satellite en panne et le repositionnera sur sa bonne orbite. Le MEV restera attaché et utilisera son propre moteur pour rester en orbite.

Des milliers de fragments

L’entretien en orbite pourrait également contribuer à réduire le problème de l’accumulation des débris spatiaux. Sur les 23 000 objets spatiaux recensés par l’armée américaine, seulement 1 900 sont des satellites actifs. Le reste, qui se déplace à des vitesses de l’ordre de 20 à 30 000 kilomètres à l’heure, comprend près de 3 000 satellites inactifs, 2 000 pièces de fusées (comme les deuxièmes étages des fusées) et des milliers de fragments.
Aucune solution à court terme n’a été trouvée pour ces débris spatiaux à petite échelle, mais certaines entreprises souhaiteraient pouvoir retirer les satellites défunts de leur orbite. Depuis 2008, la France a demandé aux opérateurs de satellites de prendre des mesures pour « désorbiter » leurs vaisseaux spatiaux en les programmant pour rentrer dans l’atmosphère de la Terre afin qu’ils se consument, selon Laurent Francillout, chef de la sécurité spatiale au centre national d’études spatiales (CNES).
En ce qui concerne les satellites en orbite géostationnaire, leur option de fin de vie est d’aller plus loin de la Terre vers une « orbite de cimetière » à 300 kilomètres plus loin. « Nous essayons de promouvoir ces principes » dans d’autres pays, a déclaré Francillout à l’AFP.
Une petite entreprise japonaise fondée en 2013, Astroscale, développe un système d’approche et de capture des débris spatiaux et des satellites brisés. Bien qu’elle n’ait pas encore de clientèle, le directeur des opérations, Chris Blackerby, prévoit que l’entreprise sera « très rentable. »

Un lancement d’essai est prévu pour 2020

Le futur « remorqueur spatial » d’Airbus, prévu pour 2023, est construit pour saisir les vieux satellites et les repousser jusqu’à 200 kilomètres au-dessus de la Terre afin qu’ils brûlent. Il faut trouver des solutions rapidement car le nombre de satellites dans l’espace a déjà augmenté de 50% en cinq ans, selon l’association de l’industrie des satellites – et cette croissance se poursuit.
Pendant ce temps, le débat se poursuit aux États-Unis sur la nécessité d’une meilleure réglementation internationale du trafic spatial, afin de limiter les accidents et de gérer les futurs conflits.
« Nous ne voulons pas d’un Ouest sauvage », a déclaré Fred Kennedy, directeur du bureau de la technologie tactique à la DARPA. La section de recherches technologiques du Pentagone note que les États-Unis, avec leur flotte de satellites militaires, veut établir des pratiques saines au-delà des frontières de la Terre.
Source : AFP
Crédit photo : SpaceX sur Unsplash

Une nouvelle industrie spatiale voit le jourmartinEspace
Imaginez un aéroport où des milliers d'avions vides de carburant sont abandonnés sur le tarmac. C'est ce qui se produit depuis des décennies avec les satellites autour de la Terre. Lorsque les satellites sont à court de carburant, ils ne peuvent plus maintenir leur orbite, les rendant inutiles même...