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Un bébé Brésilien fêtera son premier anniversaire plus tard ce mois-ci, moins de deux ans après que sa mère – incapable de porter à terme une grossesse parce qu’elle n’avait pas d’utérus – ait subi une greffe d’une donneuse décédée.

Un enfant est né d’une femme ayant reçu une greffe utérine

Cette mère est la première au monde à accoucher après une telle greffe, un exploit que les médecins n’étaient pas sûrs de pouvoir réaliser. La petite fille est en bonne santé et se développe normalement, selon Dani Ejzenberg, le médecin de l’Université de Sao Paulo au Brésil qui a dirigé l’équipe lors de la transplantation.
Depuis des années, les chercheurs tentent d’aider les femmes qui sont nées sans utérus ou qui les ont perdus pour des raisons médicales à porter leurs propres enfants. Environ une douzaine de bébés sont maintenant nés d’utérus fournis par des donneuses vivantes – généralement la mère, la sœur ou l’amie de la receveuse – sur une cinquantaine de tentatives dans le monde. En 2011, une équipe en Turquie a été la première à transplanter un utérus d’une donneuse décédée, mais la procédure n’a pas permis de donner naissance à un enfant.
Ejzenberg explique que cette tentative l’a incité à commencer une recherche au Brésil. Il s’est rendu en Suède pour apprendre des médecins qui ont le plus d’expérience avec la transplantation utérine. Il a également essayé une transplantation sur une deuxième femme Brésilienne, mais son utérus lui fut retiré deux jours après l’opération en raison de complications. Deux autres femmes sont en attendent des donneuses appropriées.

Une donneuse de 45 ans

Dans le premier cas, publié mardi dans the Lancet, la donneuse était une mère de 45 ans qui est morte d’un type rare d’accident cérébro-vasculaire, et a également donné son cœur, son foie et ses reins. La receveuse de l’utérus sans nom était une femme de 32 ans née sans utérus, mais en bonne santé.
La transplantation a été effectuée le 20 septembre 2016, et un embryon fécondé a été implanté environ sept mois plus tard. L’enfant est né par césarienne entre la 34 et 36 semaines à l’Hôpital das Clinicas, l’école de Médecine de l’Université de Sao Paulo. Ejzenberg explique qu’il voulait avoir le bébé quelques semaines plus tôt pour limiter les problèmes potentiels d’une grossesse tardive.
Plusieurs des femmes suédoises qui avaient reçu des utérus de donneuses vivantes ont éprouvé des complications causées par le médicament immunosuppresseur nécessaire pour empêcher leur corps de rejeter l’utérus.
La femme brésilienne n’a pas eu de problèmes de grossesse, explique Ejzenberg, mais il a retiré l’utérus pendant la césarienne parce qu’il voulait aider plus de femmes à avoir un seul enfant plutôt que seulement sur une femme. Pour les procédures futures, il espère réduire le temps de transplantation en enlevant l’utérus avant d’autres organes, comme le cœur et les reins.
Une équipe de recherche au Baylor College of Medicine a démontré que d’autres organes ne souffrent pas si l’utérus est enlevé en premier, explique-t-il, notant que lors de la transplantation réussie il a dû attendre trois heures avant d’avoir accès à l’utérus.
Kate O’Neill, co-chercheuse en chef du programme de transplantation de l’utérus de l’Université de Pennsylvanie, qui ne faisait pas partie du travail de transplantation au Brésil, affirme que les greffes utérines en sont encore à leurs débuts. Il n’est pas encore clair, par exemple, si les transplantations de donneuses vivantes ou décédées seront plus fructueuses à long terme, explique-t-elle. « C’est pourquoi je pense qu’il est important de faire les deux, » ajoute-t-elle.

Un utérus d’une donneuse vivante est plus pratique

Avec une donneuse vivante, la chirurgie peut être programmée quand c’est pratique pour les chirurgiens, et il est plus facile de faire une évaluation complète de l’organe donné pour s’assurer qu’il est adapté à la receveuse, explique-t-elle. Avec une donneuse décédée, les choses se font d’une façon un peu plus précipitées et le timing pourrait ne pas être idéal, note O’Neill, mais les chirurgiens peuvent prendre plus de tissus du vagin et du réseau de vaisseaux sanguins que ce qui est possible avec une donneuse vivante.
Une autre inconnue est la probabilité que le corps rejette un utérus transplanté, et donc la quantité de médicaments anti-rejet dont la receveuse aurait besoin, explique O’Neill. Chaque type d’organe déclenche un niveau différent de réponse immunitaire, explique-t-elle, et parce que l’utérus est seulement nécessaire pour une courte période de temps, plutôt que durant toute une vie, comme avec un rein ou un cœur – les patientes peuvent être en mesure de s’en tirer avec moins de médicaments, car parfois les médicaments peuvent déclencher des complications lors de la grossesse chez certaines des patientes suédoises, y compris des problèmes rénaux et une pré-éclampsie, note-t-elle.
Trois équipes aux États-Unis, dont celle d’O’Neill, travaillent maintenant sur des transplantations utérines. Baylor a eu deux naissances réussies grâce à des donneuses vivantes; la clinique de Cleveland travaille sur les dons de personnes décédées; et son propre programme effectuera des transplantations de donneuses vivantes et décédées au cours de la prochaine année.

Des recherches importantes pour la science

Selon Mme O’Neill, les recherches sur les transplantations sont importantes à la fois comme option pour les couples infertiles et pour avoir une meilleure compréhension scientifique de l’utérus et de la grossesse.
Source : Scientific American

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Un bébé Brésilien fêtera son premier anniversaire plus tard ce mois-ci, moins de deux ans après que sa mère - incapable de porter à terme une grossesse parce qu'elle n'avait pas d'utérus - ait subi une greffe d'une donneuse décédée. Un enfant est né d'une femme ayant reçu une greffe...