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Une nouvelle étude a peut-être mise au jour un moyen jusqu’alors inconnu de combattre le mélanome, l’une des formes de cancer de la peau les plus mortelles.

Une protéine désactivée empêche le mélanome de s’installer

Une équipe dirigée par des chercheurs de la faculté de médecine de l’Université de Boston a identifié un gène qui, lorsqu’il est perturbé par un composé médicamenteux, peut empêcher le mélanome de se développer.
L’exposition à long terme à la lumière ultraviolette – généralement au soleil – est la principale cause du mélanome. Lorsque cette lumière endommage l’ADN des cellules de la peau, elle peut perturber l’expression des gènes de manière à laisser les tumeurs se développer.
Les mutations d’un gène appelé NRAS sont responsables d’environ un quart des cas de cancer de la peau, mais dans le passé, les scientifiques n’étaient pas en mesure de trouver le moyen de le désactiver. Ainsi, dans cette nouvelle étude, les chercheurs ont cherché plus en amont, ciblant plutôt les protéines qui déclenchent le NRAS.
« Il existe des immunothérapies et des thérapies ciblées qui ont montré des améliorations considérables pour les patients atteints de mélanome », a déclaré Rutao Cui, chercheur principal de l’étude. « Cependant, les patients présentant des mutations du NRAS ne disposent pas de stratégies de traitement très utiles ou très efficaces. »
Auparavant, on ne savait pas quelle protéine pouvait activer le NRAS, mais après en avoir testé quelques-uns, les chercheurs ont identifié le candidat le plus probable: la STK19. Bien que l’existence de cette protéine soit connue depuis un certain temps, ce qu’elle faisait demeurait un mystère.

Un composé pharmaceutique qui désactive le NRAS 

L’équipe a non seulement découvert que la STK19 activait le NRAS, mais a également découvert qu’il pouvait être désactivé. Les chercheurs ont mis au point un composé pharmaceutique qui fait exactement cela et l’a testé sur des animaux et des cultures cutanées en laboratoire. Effectivement, dans les deux cas, le médicament réduisait l’activation du NRAS et empêchait le mélanome de s’installer.
Les chercheurs disent que la prochaine étape consistera à tester ce composé – qui est une inhibiteur de la STK19 – chez l’homme, dans le but ultime de le préparer pour des essais cliniques.
Cette recherche a été publiée dans la revue Cell.
Source : Boston University Scholl of Medecine
Crédit photo sur Unsplash : Darius Bashar