Des biologistes identifient les gènes «propres» des abeilles

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Nous savons tous que les abeilles sont indispensables comme agents pollinisateurs. Sans elles plusieurs plantes ne pourraient pas survivre et se multiplier. mais des acariens peuvent détruire une colonie en quelques années.

Sélectionner les gènes « propres » des abeilles

Afin de faire face à ce problème, des chercheurs ont trouvé la clé de la reproduction des abeilles résistantes aux maladies, laquelle pourrait se trouver dans un groupe de gènes – connus pour contrôler leur comportement hygiénique – qui permet aux colonies de limiter la propagation d’acariens et de bactéries nuisibles.

Certaines abeilles ouvrières détectent et enlèvent les larves et les pupes morts et malades de leurs colonies. Ce comportement hygiénique, qui possède une forte composante génétique, est connu pour améliorer les chances de survie de la colonie. Des chercheurs ont ciblé ces gènes «propres» qui influencent ce comportement pour comprendre l’évolution de ce trait unique.

Cette découverte, publiée dans la revue Genome Biology and Evolution, pourrait déboucher sur une nouvelle technique pouvant être utilisée dans les programmes d’élevage sélectif dans le monde entier pour améliorer la santé des abeilles mellifères.

«L’immunité sociale est un trait très important que les apiculteurs essaient de sélectionner afin de créer des colonies plus saines», a déclaré le professeur Amro Zayed, expert en génomique de l’abeille au département de biologie de la faculté des sciences. «Au lieu de passer beaucoup de temps sur le terrain à mesurer le comportement hygiénique des colonies, nous pouvons maintenant essayer de reproduire des abeilles avec ces mutations génétiques qui prédisent un comportement hygiénique.»

Les abeilles sont importantes pour l’économie canadienne

Selon Statistique Canada, la pollinisation par les abeilles domestiques représente entre 3,15 et 4,39 milliards de dollars par an de l’économie canadienne, y compris certaines des cultures les plus lucratives au Canada, comme les pommes, les bleuets et le canola. Au Canada et dans le monde, les apiculteurs ont connu des pertes de colonies supérieures à la normale. L’hiver dernier, les apiculteurs canadiens ont perdu jusqu’à 33% de leurs colonies.

Cette étude ouvre la voie à l’utilisation de la génomique pour créer des colonies plus saines et résistantes aux maladies, dotées d’une immunité sociale plus élevée», explique Zayed. « Cela revêt une importance capitale pour la grande communauté des généticiens qui souhaitent comprendre la génétique de ce nouveau trait.

Zayed a travaillé sur cette étude avec 13 biologistes de l’abeille de l’Université York, de l’Université de la Colombie-Britannique, de l’Université du Manitoba et d’Agroalimentaire Canada. Dans cette étude, les biologistes ont séquencé les génomes de trois populations d’abeilles domestiques; deux d’entre elles se sont montrées excellentes pour exprimer un comportement très hygiénique et une troisième population avec une hygiène typique.

Brock Harpur, ancien étudiant au doctorat de Zayed, actuellement professeur adjoint au département d’entomologie de l’Université de Purdue, a examiné le génome des abeilles de chacune de ces trois populations et a recherché des zones différentes entre les abeilles non hygiéniques et hygiéniques. Harpur a identifié au moins 73 gènes susceptibles de contrôler cette caractéristique hygiénique.

Créer des colonies plus saines

«Maintenant que nous avons identifié ces gènes candidats, nous pouvons rechercher les mécanismes du comportement hygiénique et commencer à développer des outils permettant aux apiculteurs de créer des colonies plus saines», a expliqué Harpur.

Les biologistes prévoient de piloter un programme de sélection assisté par ce marqueur pour le comportement hygiénique, dans lequel les abeilles sont choisies pour la sélection sur la seule base de leurs informations génétiques. «Nous pensons qu’il est possible de créer des colonies résistantes aux maladies avec un simple test génétique», explique Zayed.

Source : York University
Crédit photo sur Unsplash : Andrea Reiman

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