Les greffes fécales réduisent les symptômes de l’autisme

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La recherche scientifique continue de révéler des liens intéressants entre le microbiome intestinal et la santé humaine, allant de la dépression au syndrome de stress post-traumatique en passant par les maladies auto-immunes.

Le microbiome et l’autisme

Un autre exemple en est les liens émergents entre la santé intestinale et l’autisme, avec une nouvelle étude passionnante démontrant que le renforcement de la diversité microbienne par le biais de greffes de selles peut considérablement réduire ses symptômes à long terme.

Selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies, un enfant sur 59 né aux États-Unis est diagnostiqué autiste, en France ce serait 1 enfant sur 68 et au Québec ce serait 1 enfant sur 64 . Malheureusement, pour nombre d’entre eux, les problèmes gastro-intestinaux chroniques sont une dure réalité. Selon des scientifiques de l’Université de l’Arizona (ASU), qui ont mené la nouvelle étude, environ 30 à 50% des personnes atteintes d’autisme souffrent de graves problèmes intestinaux tels que constipation, diarrhée et douleurs à l’estomac.

« De nombreux enfants atteints d’autisme ont des problèmes gastro-intestinaux et certaines études, y compris la nôtre, ont montrée que ces enfants présentaient également des symptômes plus graves liés à l’autisme », déclare Rosa Krajmalnik-Brown, d’ASU. « Dans de nombreux cas, lorsque vous êtes capable de traiter ces problèmes gastro-intestinaux, leur comportement s’améliore. »

Cette nouvelle étude s’appuie sur des recherches antérieures menées en 2017 qui avaient montré que l’introduction de nouvelles bactéries par greffe de selles chez 18 enfants autistes avait entraîné une nette amélioration de leur comportement, mesurée à l’aide de questionnaires évaluant leurs aptitudes sociales, leur hyperactivité, leur communication et d’autres facteurs.

Une diminution de 45% des symptômes

Ces améliorations ont duré huit semaines, un résultat impressionnant. Mais les chercheurs de l’Arizona State University ont voulu étudier les effets durables du traitement, qui impliquait un nettoyage des intestins et des greffes quotidiennes de microbiote fécal sur une période de sept à huit semaines. Avant le traitement, ces enfants présentaient tous une diversité de microbes intestinaux bien inférieure à celle des enfants sans autisme.

« Les enfants autistes manquent d’importantes bactéries bénéfiques et ont moins d’options dans le menu bactérien des fonctions importantes que les bactéries fournissent à l’intestin que les enfants en développement typique », a déclaré Krajmalnik-Brown.

Deux ans après le traitement, les chercheurs ont constaté que non seulement les bénéfices persistaient, mais qu’ils semblaient avoir continué de s’améliorer. Les observations des médecins à la fin des huit semaines ont révélé que les symptômes psychologiques de l’autisme des patients avaient diminué de 24%. Maintenant, ils ont presque été divisés par deux, un évaluateur professionnel ayant constaté une diminution de 45% des symptômes de l’autisme par rapport au niveau initial.

Avant l’étude, 83% des participants étaient atteints d’autisme «grave». À l’heure actuelle, seulement 17% sont considérés comme graves, 39%, légers ou modérés, et, chose incroyable, 44% sont inférieurs au seuil pour les TSA légers.

Un lien très fort entre les microbes et les signaux qui voyagent vers le cerveau

« Nous trouvons un lien très fort entre les microbes qui vivent dans nos intestins et les signaux qui voyagent vers le cerveau », a déclaré Krajmalnik-Brown. « Deux ans plus tard, les enfants vont encore mieux, ce qui est incroyable. »

À partir de là, les scientifiques travaillent actuellement sur un essai clinique plus important contrôlé par placebo afin de vérifier leurs résultats, dans le but d’obtenir l’approbation de la FDA pour un traitement potentiel.

L’étude de l’équipe a été publiée dans la revue Scientific Reports et vous pouvez entendre Krajmalnik-Brown dans la vidéo ci-dessous.

Source : Arizona State University
Crédit photo sur Unsplash : Nathan Anderson

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