Un soldat mort il y a 100 ans aide à comprendre le choléra

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En 1916, un soldat britannique qui avait combattu pendant la Première Guerre mondiale était en convalescence en Égypte après avoir eu des symptômes analogues à ceux du choléra.

Un soldat aide à comprendre le choléra

Des observations historiques ont conclu que la bactérie du choléra dans son système était inhabituelle: il était résistant aux antibiotiques et n’avait pas de flagelle, l’appendice qui permet à la bactérie de se déplacer.

On pense maintenant que le spécimen est le plus ancien échantillon «vivant» de Vibrio cholerae; il avait été lyophilisé dans la Collection nationale d’Angleterre depuis 1920.

Maintenant, des chercheurs de Public Health England et du Wellcombe Sanger Institute ont séquencé le génome de la bactérie, donnant un aperçu de la façon dont ce pathogène complexe a évolué au fil du temps, rapporte Kate Kelland de Reuters.

Le choléra est une infection bactérienne pouvant causer une diarrhée potentiellement mortelle, en plus de vomissements intenses et de crampes aux jambes. Le Center for Disease Control estime que «2,9 millions de cas et 95 000 décès» se produisent chaque année dans le monde. L’infection est souvent bénigne ou sans symptômes, mais dans les cas graves, «la mort peut survenir en quelques heures», selon le CDC.

Depuis 1817, il y a eu sept pandémies mondiales de choléra, dont celle qui sévit depuis 1961. La Première Guerre mondiale a eu lieu au cours de la sixième épidémie mondiale de choléra, qui a duré de 1899 à 1923. En deux siècles, la maladie à mutation rapide a contrecarré les efforts pour le contrôler.

De manière surprenante, la souche du choléra NCTC 30 séquencée par l’équipe s’est révélée non toxigène, ce qui signifie qu’elle ne pouvait pas causer d’infection et n’était donc probablement pas à l’origine des symptômes du soldat, rapporte Genomeweb.

Cependant, il existait encore une relation lointaine avec les souches de choléra à l’origine des épidémies précédentes, y compris celle qui sévit actuellement. Cette  nouvelle étude est publiée dans le compte rendu de la revue Royal Society B.

Elle n’avait pas de flagelle

«Sous le microscope, la bactérie semble cassée; il lui manque un flagelle – une queue mince qui permet aux bactéries de nager », déclare Matthew Dorman, coauteur de l’étude, un étudiant diplômé de l’Institut Sanger, dans un communiqué. « Nous avons découvert une mutation dans un gène essentiel à la culture de flagelles, ce qui pourrait expliquer cette caractéristique. »

Le NCTC 30 est également résistant aux antibiotiques, notamment la pénicilline. En fait, il est possible que ces bactéries aient appris à combattre les antibiotiques naturels avant la pénicilline isolée par Alexander Fleming en 1928. Selon le communiqué de presse, cette découverte corrobore une théorie émergente selon laquelle certaines maladies ont développé une résistance aux antibiotiques avant même que l’homme ait découvert cette classe de médicaments.

« Cette étude de souches à différents moments dans le temps peut donner une idée profonde de l’évolution de cette espèce de bactérie et de la relier à des rapports historiques sur des maladies humaines », déclare l’auteur principal Nick Thomson du Wellcombe Sanger Institute.

Un isolat important dans l’histoire du choléra

«Même si cet isolat n’a pas provoqué d’épidémie, il est important d’étudier ceux qui ne causent pas la maladie aussi bien que ceux qui le font. Par conséquent, cet isolat représente un élément important de l’histoire du choléra, une maladie qui reste aussi importante aujourd’hui que par le passé.  »

Source : Smithsonian
Crédit photo sur Unsplash : Stijn Swinnen

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