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Les molécules qui agissent comme des interrupteurs pour CRISPR pourraient un jour être utilisées comme médicament pour améliorer la sécurité des thérapies d’édition des gènes.

Deux nouvelles molécules pour contrôler CRISPR 

Le pouvoir de l’édition génique de CRISPR de modifier facilement l’ADN pourrait permettre de développer de nouveaux traitements contre les cancers, les infections virales et les maladies génétiques. Mais en plus de ces changements souhaitables, CRISPR peut également créer des mutations non désirées dans l’ADN, ce qui constitue un risque pour la santé.
«Le contrôle de précision est au cœur de technologies puissantes», déclare Amit Choudhary de l’Université Harvard, qui recherchait des composés susceptibles de nous aider à contrôler plus finement CRISPR. Ses collègues et lui ont annoncé la découverte de deux molécules prometteuses susceptibles d’empêcher le fonctionnement de l’enzyme CRISPR-Cas9 en quelques minutes.
Pour les trouver, ils ont analysé des milliers de molécules, à la recherche de celles susceptibles d’interférer avec la capacité de l’enzyme à se lier à l’ADN – une condition essentielle pour pouvoir identifier et modifier des gènes.
Le système CRISPR utilise Cas9, une enzyme provenant de bactéries, pour se lier à l’ADN puis effectuer une découpe dans la séquence de l’ADN. La version la plus couramment utilisée de cette technique CRISPR utilise une enzyme Cas9 qui est constamment activée, ce qui peut augmenter le risque de liaison avec d’autres séquences d’ADN et d’entraîner des modifications indésirables.

Ces molécules permettraient d’arrêter le processus de modification des gènes 

Mais les deux molécules identifiées par Choudhary et ses collègues interfèrent avec la capacité de l’enzyme à reconnaître et à se lier à l’ADN. Choudhary estime que cela devrait permettre aux scientifiques d’arrêter le processus de modification des gènes en quelques minutes, réduisant ainsi les risques de mutations non ciblées.
De plus grandes protéines anti-CRISPR ont déjà été développées, mais Choudhary affirme que des inhibiteurs plus petits sont susceptibles d’agir plus rapidement et sans provoquer de réponse immunitaire.
Lorsque l’équipe a testé ces molécules dans des cellules de mammifères et dans le plasma humain, elles ont découvert qu’elles n’étaient pas toxiques et ne semblaient pas perturber l’activité des gènes essentiels. Néanmoins, ces molécules devront faire l’objet de tests approfondis pour déterminer si elles-mêmes ont des effets indésirables, explique Choudhary.
Les résultats de cette recherche ont été publié dans Cell.
Source : New Scientist
Crédit photo : Pixabay