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La partie vraiment difficile de la réduction des émissions de gaz à effet de serre pourrait être encore plus difficile que nous le pensions. En théorie, le dioxyde de carbone capté dans l’air pourrait remplacer les combustibles fossiles en tant que matière première pour l’industrie chimique mondiale, mais dans la pratique, il faudrait probablement beaucoup plus d’électricité propre que celle dont nous disposons actuellement.

Réduire les gaz à effet de serre sera difficile

La plupart des produits chimiques que nous utilisons, y compris les plastiques, contiennent du carbone, qui provient des combustibles fossiles. On a beaucoup parlé d’écologiser l’industrie chimique, a déclaré Andre Bardow de l’Université allemande RWTH d’Aachen, mais personne n’a travaillé exactement de la sorte. Son équipe a donc créé un modèle ascendant de l’industrie, en cherchant ce qu’il faudrait faire pour créer les composants chimiques de base, ou matières premières.
Ils ont calculé que l’utilisation du carbone capté dans l’air comme matière première pour la fabrication de produits chimiques pourrait réduire les émissions de dioxyde de carbone et d’autres gaz à effet de serre de 3,5 gigatonnes d’ici 2030, selon l’équipe de Bardow.
Cependant, cela nécessiterait 18,1 petawatt/heure d’électricité par an, selon cette étude. Ce n’est pas beaucoup moins que les 26 PW/heure d’électricité produite chaque année dans le monde entier en 2018, selon l’Agence internationale de l’énergie. Et à l’heure actuelle, seul un tiers de l’électricité mondiale provient de sources propres, notamment les panneaux solaires et l’hydroélectricité.
Même avec des prévisions de croissance optimistes, la quantité totale d’électricité renouvelable disponible en 2030 devrait être inférieure à 18 PW/heure. La demande en électricité est si massive, que cela dépend des lois de la thermodynamique, explique Bardow. « Ce que vous faites est d’inverser la combustion. »

L’industrie chimique devra être décarbonisée

Pour le moment, dit-il, il est plus logique d’utiliser l’électricité renouvelable nécessaire pour la décarbonisation du chauffage et des transports. « Un changement aujourd’hui serait un gaspillage de ressources précieuses. »
Cependant, l’industrie chimique devra être décarbonisée au cours des prochaines décennies si l’on veut limiter le réchauffement planétaire. Et l’industrie chimique est loin d’être le seul secteur problématique. La réduction des émissions provenant de l’agriculture, par exemple, sera également extrêmement difficile.
Cette étude a été publiée dans PNAS.
Source : New Scientist
Crédit photo sur Unsplash : Andreas Gücklhorn