biomarqueur-Alzheimer-30-ans-avant-les-symptômes
Une nouvelle recherche de l’Université Johns Hopkins a identifié une variété de biomarqueurs pouvant être utilisés pour prédire l’apparition de la maladie d’Alzheimer plusieurs années avant l’apparition des symptômes.

Des biomarqueurs pour détecter la maladie d’Alzheimer

Cette étude présente neuf mesures, produites à partir de plusieurs décennies de données, qui peuvent indiquer l’apparition de la maladie jusqu’à 30 ans avant que le déclin cognitif ne devienne apparent.
De nombreux chercheurs pensaient que la phase préclinique de la maladie d’Alzheimer pouvait commencer plus de dix ans avant que la maladie ne devienne cliniquement visible. Comme un grand nombre de médicaments contre la maladie d’Alzheimer ont échoué au cours des essais cliniques, on supposait que la maladie pouvait être mieux traitée à ce stade préclinique, avant que la neurodégénérescence ne progresse au point de provoquer un déclin cognitif majeur.
Malheureusement, nous n’avons aucun cadre de diagnostic clair permettant d’identifier la maladie à un stade précoce. Des analyses sanguines, le TEP, la génétique et même des tests de détection sont tous des moyens d’identifier les stades les plus précoces du déclin cognitif, mais aucun biomarqueur n’avait encore été confirmé comme cliniquement fiable.
Cette nouvelle étude a examiné les données médicales de 290 sujets considérés comme présentant un risque plus élevé que la moyenne de développer la maladie d’Alzheimer ou une démence précoce en raison de la présence d’un membre de la famille ayant reçu le diagnostic de cette maladie. Les sujets ont été suivis pendant près de 20 ans, complétant des tests cognitifs annuels, ainsi que des examens biannuels du cerveau par IRM et des tests de liquide céphalo-rachidien.
À la fin du projet, 81 sujets avaient été diagnostiqués soit avec la maladie d’Alzheimer soit avec une déficience cognitive légère (MCI), ce qui permettait aux chercheurs de suivre efficacement les progrès précliniques de ces conditions au cours des années présymptomatiques.

Des changements subtils entre 10 et 15 ans avant l’apparition des symptômes

En examinant les tests cognitifs, les chercheurs ont identifié des changements subtils pouvant être détectés entre 10 et 15 ans avant l’apparition des symptômes. Les données de l’IRM ont révélé des diminutions mineures, mais détectables, de la taille d’une région du cerveau appelée lobe temporal interne. Ces changements pouvaient être suivis entre trois et neuf ans avant l’apparition de tous les symptômes.
Les résultats les plus intéressants étaient ceux des tests sur le liquide céphalorachidien, qui indiquaient les biomarqueurs les plus précoces de la maladie. Une augmentation de la présence de la protéine tau dans le liquide céphalorachidien pouvait être associée à la maladie d’Alzheimer environ 30 ans avant que toute altération cognitive ne devienne apparente. D’autres protéines, notamment la protéine bêta amyloïde et la protéine tau phosphorylée, sont apparues entre 10 et 15 ans avant l’apparition des premiers symptômes.
« Plusieurs mesures biochimiques et anatomiques peuvent être observées évoluant jusqu’à une décennie ou plus avant l’apparition des symptômes cliniques », déclare Michael Miller, ingénieur biomédical travaillant sur ce projet. « L’objectif est de trouver la bonne combinaison de marqueurs indiquant un risque accru de déficience cognitive, et d’utiliser cet outil pour orienter les interventions afin de contrecarrer la maladie et ses symptômes. »
La taille de l’échantillon est bien sûr un obstacle important à la transformation de ces données en un outil de diagnostic efficace. Bien que les chercheurs suggèrent que l’étendue de leur étude est suffisamment grande pour déterminer la signification statistique. Des travaux sont en cours pour ajouter plus de données au modèle. Cette étude note qu’un accord est en place avec cinq sites de recherche différents à travers le monde pour collecter des données comparables afin d’améliorer le modèle prédictif.

L’imagerie cérébrale et l’analyse du liquide céphalorachidien

Le grand défi ici est que ce type de recherche prend beaucoup de temps. Afin d’identifier les modèles qui signalent l’apparition de la maladie d’Alzheimer ou d’une MCI, les sujets doivent être suivis pendant des années, voire des décennies. Malgré cette lenteur les chercheurs sont certains que ces travaux déboucheront sur des moyens efficaces pour détecter la maladie d’Alzheimer à ses débuts.
« Notre étude suggère qu’il est possible d’utiliser l’imagerie cérébrale et l’analyse du liquide céphalorachidien pour évaluer le risque de maladie d’Alzheimer au moins 10 ans ou plus avant l’apparition des symptômes les plus courants, tels qu’une déficience cognitive légère », a déclaré Laurent Younes, auteur de l’étude récemment publiée.
Cette recherche a été publiée dans la revue Frontiers in Aging Neuroscience.
Source : John Hopkins University
Crédit photo sur Unsplash : Rémi Walle

Alzheimer : des biomarqueurs 30 ans avant les premiers symptômesmartinSociété
Une nouvelle recherche de l’Université Johns Hopkins a identifié une variété de biomarqueurs pouvant être utilisés pour prédire l’apparition de la maladie d’Alzheimer plusieurs années avant l’apparition des symptômes. Des biomarqueurs pour détecter la maladie d'Alzheimer Cette étude présente neuf mesures, produites à partir de plusieurs décennies de données, qui peuvent...