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Une équipe de recherche menée par l’University College London a découvert qu’environ 50% des personnes porteuses d’un gène muté contribuait à faire baisser le taux de sucre dans le sang. Selon ces chercheurs les humains ont développé cette mutation à mesure que nous développions des pratiques culinaires et agricoles, afin qu’elle puisse nous protéger contre l’apparition du diabète.

Une mutation pour abaisser le taux de sucre

Cette recherche découle d’une étude sur un gène appelé CLTC1, qui contrôle la production d’une protéine appelée CHC22. Cette protéine régule le mécanisme par lequel le glucose sort de notre sang et entre dans nos tissus adipeux et musculaires. En examinant l’ADN humain ancien, différentes espèces d’animaux et les génomes de plus de 2 500 humains modernes, les chercheurs ont découvert que la mutation du gène CLTC1 semblait apparaître chez l’homme à l’époque où nous avons commencé à cuire nos aliments il y a 450 000 ans.
La mutation de ce gène produit une expression modifiée de la protéine CHC22, ce qui réduit l’efficacité de ce processus de transport du glucose entre le sang et le muscle ou la graisse. Cela signifie essentiellement que cette mutation permet d’éliminer plus rapidement le glucose de notre sang après un repas.
« L’ancienne version de cette variante génétique aurait probablement été utile à nos ancêtres, car elle aurait permis de maintenir des taux de sucre dans le sang plus élevés pendant les périodes de jeûne, lorsque nous n’avions pas un accès aussi facile aux glucides, ce qui aurait aidé à faire évoluer nos grands cerveaux », a déclaré Matteo Fumagalli, premier auteur de cette nouvelle étude.
La mutation la plus récente du gène CLTC1 a d’abord été découverte chez les humains anciens, mais les chercheurs ont noté qu’elle devenait de plus en plus fréquente à mesure que la prévalence de l’agriculture augmentait il y a plus de 10 000 ans. Les glucides devenant plus facilement accessibles dans notre alimentation, la nécessité d’éliminer plus efficacement le glucose de notre sang augmentait la propagation de cette mutation génique très spécifique.

Des changements préhistoriques ont façonné l’évolution humaine

« Nos analyses suggèrent fortement que nous avons trouvé un autre exemple de la manière dont les changements préhistoriques dans nos habitudes alimentaires ont façonné l’évolution humaine », explique Mark Thomas, coauteur de l’étude. « Comprendre comment nous nous sommes adaptés à ces changements ne nous informe pas seulement sur les raisons de la vie ou du décès de personnes dans le passé, mais cela nous aide également à mieux comprendre la relation entre l’alimentation, la santé et les maladies de notre époque. »
Il est intéressant de noter que cette nouvelle mutation génétique n’a pas totalement éliminé durant l’évolution humaine. Les chercheurs ont indiqué que près de la moitié des génomes humains étudiés contenait encore l’ancienne version du gène CLTC1. L’importance du rôle de la nouvelle variante du gène chez l’être humain n’est pas claire et il est à noter que la variante génétique la plus ancienne ne semble pas jouer de rôle direct dans le développement du diabète.

Une variante qui pourrait exacerber la résistance à l’insuline

Les chercheurs notent toutefois que cette variante génétique pourrait exacerber la résistance à l’insuline chez certaines personnes et les exposer à un risque accru de développer un diabète de type 2. « Les personnes ayant la variante la plus ancienne devront peut-être faire plus attention à leur consommation de glucides, mais des recherches supplémentaires sont nécessaires pour comprendre comment cette variante génétique peut influer sur notre physiologie », explique Frances Brodsky, auteur principal de cette recherche.
Cette recherche a été publiée dans la revue eLife,
Source : University College London
Crédit photo : Pixabay