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Comme nous le savons tous, une infestation de moisissure peut être très difficile à éradiquer. Il se trouve que la moisissure peut également être très résistante aux conditions difficiles de l’espace. Ses spores peuvent survivre à des doses de radiations 200 fois plus élevées que celles qui tueraient un humain, ont rapporté les chercheurs à la conférence scientifique sur l’astrobiologie.

La moisissure serait plus résistante que ce que l’on croyait

Une telle résistance pourrait rendre difficile l’élimination des risques pour la santé des moisissures pour les astronautes. La moisissure pourrait aussi un jour menacer d’autres parties du système solaire – avec des spores faisant de l’auto-stop.
Les astronautes de la Station spatiale internationale (ISS) luttent déjà constamment contre la moisissure, qui se développe sur les murs et les équipements de la station. Cette moisissure se trouve dans une structure protégée en orbite terrestre basse, où les doses de rayonnement sont faibles. En dehors de la station, les doses sont plus élevées – et elles seraient encore plus élevées sur la coque d’un vaisseau spatial se dirigeant vers Mars ou au-delà.
Pour tester sa résistance, Marta Cortesão, microbiologiste du Centre aérospatial allemand (DLR) à Cologne, et ses collègues ont projeté des rayons X et des ions lourds sur une moisissure noire appelée Aspergillus niger, qui est abondante dans l’ISS. Les chercheurs ont tiré des quantités énormes de radiations, dit Cortesão, bien plus que ce que l’on rencontre sur un vaisseau spatial allant vers Mars (0.6 gray par an) ou à la surface de Mars (0.2 gray par an).
Les chercheurs ont découvert que les spores pouvaient survivre à des doses de rayonnement de 500 à 1 000 grays, en fonction du type de rayonnement auquel elles étaient exposées. Les humains, en revanche, sont tués à des doses beaucoup plus faibles. Cortesão a également découvert que les spores avaient survécu à de grandes quantités de rayons ultraviolets à haute énergie, couramment utilisés comme désinfectants hospitaliers et proposés pour stériliser les surfaces des engins spatiaux.

Les champignons sont oubliés depuis 20 ou 30 ans

Cortesão met en garde que ses recherches portent uniquement sur les radiations et n’incluent pas tous les aspects d’un environnement extra-atmosphérique. Mais, dit-elle, au moins une étude plus ancienne suggère que les spores des moisissures résistent mieux aux radiations dans le vide. Entre-temps, une chose est sûre selon elle: «nous aurons des spores avec nous lors de nos voyages dans l’espace. Les champignons sont oubliés depuis 20 ou 30 ans, mais il est temps d’y penser.”
Andrew Schuerger, microbiologiste et astrobiologiste martien à l’Université de Floride à North Merritt Island, est du même avis. La plupart des efforts visant à empêcher les microorganismes de la Terre de contaminer d’autres mondes ont jusqu’ici été concentrés sur les bactéries, dit-il, car la grande majorité des microorganismes présents à la surface des engins spatiaux étaient des bactéries.
Cette découverte est également importante pour les chercheurs qui étudient l’origine de la vie, déclare Paul Mason, astrobiologiste à la New Mexico State University à Las Cruces. En effet, l’un des mystères de la recherche sur l’origine de la vie est que la Terre semble être passée du stade prébiotique à des microorganismes assez complexes au début de son histoire.

La vie aurait pu arriver sur Terre venant d’un autre endroit

Un processus qui, de l’avis de certains scientifiques, a nécessité plus de temps que depuis la première planète ne soit apparues. Une des idées, dit Mason, est que la vie est née ailleurs, dans notre système solaire ou plus loin encore. «maintenant que nous savons que la vie sur Terre peut survivre dans l’espace, il est raisonnable de penser qu’elle aurait pu arriver sur Terre venant d’un autre endroit», dit-il.
Source : Science
Crédit photo sur Unsplash :  Michael Schiffer