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Les abeilles peuvent se nourrir de nectar épais aussi facilement que de nectar fin – et maintenant nous savons pourquoi. Tout se passe dans les petits poils sur leurs langues.

Les abeilles ont de petits poils sur leurs langues

L’évolution a créé des outils étranges et surprenants pour aider les animaux à boire du liquide. Un examen attentif de la langue d’une abeille révèle une longue en forme de tige qui est recouverte de fines protubérances ressemblant à des cheveux. Ça ressemble un peu à une petite serpillière.
Lorsque les abeilles se nourrissent, elles plongent rapidement leur langue dans une fleur pour récolter le nectar sucré. Pascal Damman, de L’Université de Mons, en Belgique, et ses collègues ont analysé des vidéos d’abeilles (Bombus terrestris audax) se nourrissant de nectar de différentes viscosités, et ont fait une découverte inattendue.
Ils ont découvert que peu importe l’épaisseur du liquide, les abeilles le lapaient à la même vitesse, recueillant le même volume de liquide à chaque fois. C’est une surprise parce que en théorie, les liquides plus épais devraient être plus susceptibles que les liquides fins de coller à un objet qui serait plongé dans une solution.

Des langues imprimées en 3D

Ainsi, Damman et ses collègues ont décidé d’essayer d’imiter l’action des langues des abeilles par des tiges imprimées en 3D qui étaient soit lisses, soit recouvertes de minuscules structures pour imiter les protubérances capillaires des abeilles. Ils les ont ensuite plongés dans des fluides de différentes viscosités.
Il s’est avéré que la distance entre les microstructures sur les tiges a expliqué l’énigme. S’ils sont placés suffisamment près l’un de l’autre, le liquide est automatiquement extrait entre eux par ce qu’on appelle l’action capillaire. Cette action capillaire est assez rapide pour remplir tous les espaces entre les poils sur la langue avec du nectar chaque fois que l’abeille la plonge et retient le liquide sans que celui-ci ne s’égoutte.
Patrick Spicer, de l’Université de la Nouvelle-Galles du Sud, en Australie, qui n’a pas participé à cette étude, affirme que nous examinons souvent les liquides en fonction de leur comportement à grande échelle parce que les humains sont de grands animaux. De ce point de vue, les liquides qui coulent lentement semblent épais.

À petite échelle

“Mais si vous commencez à descendre à des échelles de longueurs assez petites, il y a cette quantité appelée la longueur capillaire”, dit-il. À cette échelle, ce qui compte vraiment, ce sont des facteurs comme les forces moléculaires.
« C’est ce que fait la langue de l’abeille. Il y a tous ces poils sur la langue et l’espace entre ces derniers est capable d’extraire un liquide”, dit Spicer.
Cela signifie qu’une langue velue donne deux avantages aux abeilles. Il peut aspirer des fluides plus efficacement qu’une langue sans poils, et il peut aussi aider à réguler l’absorption du fluide, quelle que soit sa viscosité.

Un aspect important pour survivre

Ce second point est important pour une abeille qui doit survivre en buvant du nectar dont l’épaisseur peut varier considérablement en fonction du temps. ” Vous ne voulez pas mourir de faim juste parce que votre repas est moins visqueux », dit Spicer.
Cette recherche a été publiée dans Soft Matter.
Source : New Scientist
Crédit photo : Pixabay