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Les calculs biliaires qui semblent en apparence un problème anodin, sont en réalité très répandus et peuvent causer de graves problèmes de santé aux personnes affectées par ces petites pierres qui se trouvent dans la vésicule biliaire. En effet, la lithiase biliaire se retrouve chez 10 à 15 % de la population occidentale. Par exemple, on estime qu’en France que 3 à 4 millions de personnes sont porteuses de calculs biliaires. Aux États-Unis, c’est environ 20 % de la population de plus de 65 ans qui ont des calculs biliaires.

Les cellules immunitaires seraient responsables

Mais étrangement, personne ne sait comment ces calculs biliaires se forment. Toutefois, une nouvelle recherche vient peut-être d’élucider ce mystère de longue date. On sait depuis longtemps que les calculs biliaires se développent à partir de cristaux dans la vésicule biliaire, mais on ignore comment ceux-ci se collent les uns aux autres. Il semble maintenant que les cellules immunitaires soient à blâmer – une découverte qui pourrait mener à de nouveaux traitements.
Martin Herrmann de l’Université Friedrich-Alexander d’Erlangen – Nürnberg, en Allemagne, et ses collègues ont fait cette découverte en étudiant de petites pierres dans la bile des personnes subissant des opérations pour traiter leurs calculs biliaires.
À la surface de ces petites pierres, il y avait des signes évidents de pièges extracellulaires de neutrophiles – des bandes adhésives d’ADN libérées par les cellules immunitaires pour attraper les microbes envahisseurs. La présence de gros amas d’ADN et d’une enzyme utilisée par les cellules immunitaires neutrophiles donnait à penser que ces cellules ciblaient les cristaux de bile en vue d’une attaque.

Un tissu collant a réuni des cristaux de cholestérol 

Pour tester cela, l’équipe a mélangé des cristaux de cholestérol avec des neutrophiles humains en laboratoire. Les neutrophiles ont réagi en tirant leur ADN sur les cristaux. Lorsqu’ils secouaient et faisaient tourner les calculs biliaires en présence de neutrophiles, les surfaces biliaires récupéraient rapidement l’ADN des neutrophiles. Ces tissus collants ont réuni des cristaux de cholestérol et de calcium pour former des calculs encore plus gros.
«Quand ils découvrent une matière suspecte, par exemple des cristaux qui forment des calculs biliaires, ils ont tendance à éjecter leur ADN et à en détacher», a déclaré Herrmann. Les calculs ainsi formés peuvent passer inaperçus jusqu’à ce que la vésicule biliaire passe dans l’intestin grêle ou se loge dans un canal biliaire, provoquant une douleur soudaine et intense.
Ces résultats peuvent mener à des traitements préventifs contre les calculs biliaires. Herrmann et ses collègues ont constaté que la modification des gènes ou l’utilisation de médicaments pour empêcher la formation de ces pièges entraînait une diminution du nombre de calculs biliaires chez les souris.

Le métoprolol pourrait s’avérer efficace contre ces petites pierres

Le métoprolol, l’un des médicaments testés par l’équipe, est actuellement utilisé pour traiter certaines affections cardiaques. Les essais chez les personnes sont nécessaires pour voir si ce médicament aide également à prévenir les calculs biliaires, explique Hermann.
Cette recherche a été publiée dans Immunity.
Source : New Scientist
Crédit photo : Pixabay (montage)

Les cellules immunitaires responsables des calculs biliairesmartinBiologie
Les calculs biliaires qui semblent en apparence un problème anodin, sont en réalité très répandus et peuvent causer de graves problèmes de santé aux personnes affectées par ces petites pierres qui se trouvent dans la vésicule biliaire. En effet, la lithiase biliaire se retrouve chez 10 à 15 %...